Développement humain : Le PNUD rétrograde la note du Maroc

Développement humain : Le PNUD rétrograde la note du Maroc

Le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a rétrogradé le Maroc à la 130ème place dans la course des pays au développement humain. A deux ans de la date limite de 2015 qui doit marquer la réalisation des Objectifs de développement du millénaire (OMD), un récent rapport du PNUD sur le développement humain en 2013  pointe du doigt les effets pervers de l’austérité sur le développement humain et sur le développement tout court, et met en garde les pays arabes contre la tentation de serrer les cordons de la bourse en croyant épargner à leurs populations les affres de la crise économique mondiale.
En effet, dans une même logique que celle des autres organismes onusiens et de certains chefs d’Etat européens – François Hollande, notamment, dont on annonce la visite pour le début du mois prochain-, le rapport du PNUD appelle à une sorte de «new deal» où les dépenses de l’Etat joueraient le rôle de locomotive de la croissance. «Chose qui serait exactement le contraire de ce que fait actuellement le gouvernement dominé par le PJD», ont commenté certains analystes marocains qui rappellent que dans la loi de Finances en cours, l’investissement public est réduit à sa plus simple expression. «Déjà étique l’année dernière en effet, il a encore fait maigre alors même que les perspectives offertes à la croissance sont créditées des conditions les plus favorables grâce aux prévisions agricoles qui ne manqueront pas de doper la demande domestique, ce qui devrait amener l’offre à suivre». Ils rappellent que l’investissement public global s’est maintenu à 180 milliards de dirhams, en baisse de 4% par rapport à son niveau de 2012. Mais plus encore que ces contraintes ce sont les prévisions de croissance de la demande interne qui interpellent. Les principales dispositions de la loi de Finances 2013 portent sur un quasi-blocage de la masse salariale publique, qui ne croît que de 1,3% après avoir progressé de 9,2% en 2012.
Plus critiques de la nouvelle situation ont été ceux qui se disent avoir été abusés par les «rodomontades du gouvernement autour de prétendues performances dans la quête du développement humain». «Alors que Najib Boulif et les siens nous bassinent de chiffres les uns plus surréalistes que les autres, le PNUD vient de nous donner la mesure de nos talents, ont déclaré des universitaires commentant la dégradation du Maroc. Regrettant que les officines de l’ONU établies au Maroc ne se soient pas inscrites auparavant contre les «déclarations politiciennes des ministres marocains». Cependant, pour eux, la responsabilité principale de la situation actuelle incombe au cabinet Benkirane qui n’a pas su prendre le relais.
«Les performances du Maroc en matière de développement humain avaient été jugées d’honorables par le PNUD et les autres officines de l’ONU jusqu’en 2011», rappellent-ils.

Le Maroc, mauvais élève en tout sauf en espérance de vie

Le dernier rapport du PNUD sur le développement humain a classé le Maroc 130ème sur un total de 186 pays. En 2011 déjà, le Royaume occupait cette même position. Ce rapport qui fait état d’une stagnation en matière de développement humain au Maroc, place ce dernier loin derrière les pays de la région et qui, eux, ont été fortement frappés par le Printemps arabe tels la Tunisie qui occupe la 94ème place et la Libye classée 64ème sur ces mêmes 186 pays. D’autres pays arabes à l’instar du Bahreïn (48ème position), l’Arabie Saoudite (57), le Liban (72), Oman (84) ou encore l’Algérie (93) ont vu leur classement avancer et sont considérés par le PNUD comme pays à développement humain élevé. Ce même rapport démontre qu’en matière d’inégalité de genre, le Maroc s’est positionné en 2012, 84ème sur 148 pays. Le seul point positif pour le Maroc serait le progrès noté au niveau de l’espérance de vie au Maroc ces 40 dernières années. «L’Algérie, le Maroc et la Tunisie, par exemple, ont réalisé des progrès spectaculaires dans l’allongement de l’espérance de vie ces 40 dernières années», lit-on sur ledit rapport.

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