Dialogue social : Les partenaires sociaux de nouveau à table

Dialogue social : Les partenaires sociaux de nouveau à table

Un nouveau round quelques heures après le dévoilement des grandes lignes du PLF 2019

Les responsables gouvernementaux veulent contenir le coût du dialogue dans une enveloppe de 7 milliards DH. Mais les centrales syndicales les plus représentatives exigent que la hausse des salaires soit tout simplement généralisée à tous les fonctionnaires.

Le chef de gouvernement Saâd Eddine El Othmani a convoqué un nouveau round du dialogue social. En effet, le numéro un de l’Exécutif devait rencontrer hier les dirigeants des centrales syndicales les plus représentatives. Ce nouveau round semble être celui de la dernière chance. Et pour cause. Après une série de réunions entre mars et avril derniers, les partenaires sociaux n’étaient pas parvenus à un accord avant la fête du travail. Pourtant, les responsables s’y étaient engagés. C’est pour cette raison que l’espoir est grand pour toutes les parties de trouver un terrain d’entente.

Dans ce sens, le chef de gouvernement devra se montrer très convaincant sachant que des sources dans l’entourage du numéro un de l’Exécutif avaient expliqué qu’une nouvelle offre serait proposée aux partenaires sociaux. Pour rappel, les syndicats avaient rejeté en bloc les dernières propositions gouvernementales. Celles-ci consistaient notamment en une augmentation salariale réservée aux tranches de salaires considérées comme inférieures dans l’administration publique, c’est-à-dire moins de 5.500 dirhams nets par mois. Ce n’est pas tout. L’Exécutif veut limiter l’augmentation à 300 dirhams étalés sur trois années à raison de 100 dirhams supplémentaires par an. Le but pour les responsables gouvernementaux est de contenir le coût du dialogue dans une enveloppe de 7 milliards de dirhams. Mais les centrales syndicales les plus représentatives voient les choses autrement et exigent que la hausse des salaires soit tout simplement généralisée pour toucher l’ensemble des fonctionnaires. 

La hausse salariale doit être au minimum de 500 dirhams pour les syndicats qui évoquent la hausse du coût de la vie depuis 2011, date de la dernière augmentation salariale pour les fonctionnaires de 600 dirhams. La première offre gouvernementale rejetée comporte également une augmentation de 100 DH des allocations familiales, qui passent à 300 DH pour les trois premiers enfants et à 136 DH pour les suivants. En outre, l’Exécutif propose d’instaurer une indemnité pour les fonctionnaires affectés dans des régions reculées et de porter la prime d’accouchement à 1.000 DH contre 115 DH actuellement. Si le gouvernement devra convaincre les syndicats, il devra également être persuasif envers le patronat car la situation est beaucoup plus délicate pour le secteur privé. Le gouvernement a demandé à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) de faire un effort à la fois concernant les allocations familiales et le salaire minimum. Si le patronat s’est dit prêt à négocier ces points, il conditionne toutefois l’accord à une révision de la législation du travail et une souplesse du marché de l’emploi. En tout cas, le gouvernement est resté en contact avec la CGEM.

En plus de la participation de représentants du gouvernement à la dernière université d’été de la confédération, une réunion avait eu lieu récemment entre les représentants du patronat et ceux de l’Exécutif. En effet, le chef de gouvernement a présidé une séance de travail en présence d’une délégation composée de membres du bureau de la Confédération et de plusieurs ministres, notamment le ministre de l’économie et des finances, le ministre de l’emploi et de l’insertion professionnelle, le ministre délégué auprès du chef de gouvernement chargé des affaires générales et de la gouvernance  et le secrétaire d’État auprès du ministre de l’industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique, chargé de l’investissement.  El Othmani a présenté au cours de cette réunion les grandes lignes de la politique gouvernementale sur un ensemble de réformes relatives à l’amélioration du climat des affaires et à l’encouragement de l’investissement privé. Il a notamment cité le chantier de réforme des Centres régionaux d’investissement,  la mise en œuvre du processus  de décentralisation administrative et la promotion du partenariat public-privé. Les deux parties avaient convenu d’arrêter des mécanismes de travail commun, notamment les groupes de travail, présidés par des responsables de la CGEM et du gouvernement, chargés d’assurer le suivi et l’aboutissement  des dossiers prioritaires.

Reste à connaître les résultats du round du mercredi sachant que le temps presse. De son côté, le gouvernement avait déjà laissé entendre qu’en l’absence d’un accord, il n’hésitera pas à inclure une partie de son offre dans le cadre du prochain projet de loi de Finances 2019. Affaire à suivre.

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