Dialogue social : Les partenaires sociaux reprennent langue

Dialogue social : Les partenaires  sociaux reprennent langue

La commission technique devrait se réunir aujourd’hui

Le gouvernement compte sur la commission technique créée afin d’aplanir les obstacles qui se dressent depuis de longs mois devant la signature d’un accord final entre les partenaires sociaux.

 

Alors que le temps presse, le gouvernement essaye de reprendre langue avec les centrales syndicales les plus représentatives. Dans ce sens, une invitation a été envoyée aux états-majors des syndicats concernés afin de prendre part à une réunion ce lundi. Il s’agit de la première réunion de la commission technique dont la création avait été décidée à l’issue du dernier round du dialogue social entre le chef de gouvernement et les centrales syndicales. La lettre d’invitation demande aux dirigeants des syndicats de mandater des représentants afin de prendre part à ladite réunion.

Le principal ordre du jour concernera l’amélioration des revenus. Le gouvernement compte sur la commission technique créée afin d’aplanir les obstacles qui se dressent depuis de longs mois devant la signature d’un accord final entre les partenaires sociaux. Les premières réunions remontent au mois de mars dernier. A l’époque, le gouvernement espérait parvenir à un accord avec les autres partenaires sociaux avant la fête du 1er mai. Mais depuis, l’Exécutif a dû faire face au rejet de la part des syndicats de son offre. Celle-ci consistait dans un premier temps à augmenter les fonctionnaires touchant un salaire mensuel net de 5.200 dirhams de 300 dirhams supplémentaires sur trois années. De plus, le gouvernement proposait de revaloriser les allocations familiales qui devraient passer de 200 à 300 dirhams pour les trois premiers enfants en plus d’autres avantages concernant l’affectation dans des zones reculées ou bien la prime d’accouchement. Mais c’était sans compter sur la détermination des syndicalistes qui veulent une augmentation de 500 dirhams au minimum applicable à l’ensemble des fonctionnaires toutes catégories confondues. Ils exigent également une hausse des salaires dans le secteur privé.

De son côté, le gouvernement a depuis revu son offre puisque les responsables parlent désormais d’une augmentation salariale de 400 dirhams mais qui serait toujours applicable aux catégories salariales inférieures, c’est-à-dire ceux touchant moins de 5.200 dirhams. Les autres propositions sont restées les mêmes. Quant aux salariés du privé, le gouvernement veut plutôt jouer le rôle d’arbitre entre les représentants du patronat, à savoir la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et les centrales syndicales. Reste à savoir si la réunion de ce lundi permettra de débloquer la situation. Les syndicats espèrent pousser le gouvernement à améliorer encore plus son offre mais les responsables parlent actuellement de contraintes budgétaires (voir encadré).

En attendant les résultats de la réunion, le ministre de l’emploi et de l’insertion professionnelle, Mohamed Yatim, a réitéré la volonté du gouvernement de parvenir à un accord avec les syndicats «car le gouvernement veille à renforcer le rôle des centrales syndicales en tant qu’institution de médiation sociale». La même source précise que l’Exécutif préfère éviter «une action unilatérale consistant à mettre en œuvre l’offre gouvernementale sans un accord puisqu’une telle action est de nature à fragiliser les syndicats».

Contraintes budgétaires

Le gouvernement évoque souvent les contraintes budgétaires face aux demandes répétées des syndicats afin de décréter une hausse générale des salaires. Il faut dire que l’Exécutif travaille selon des scénarios. Les responsables ont ainsi identifié trois projections.

Dans ce sens, le premier scénario fait ressortir un impact budgétaire de plus de 35 milliards de dirhams avec notamment une hausse généralisée des salaires. Le deuxième scénario coûterait, lui, la bagatelle de 28 milliards de dirhams alors que le dernier scénario dégagerait un coût supplémentaire pour l’Etat de 14 milliards de dirhams. Seul bémol, les deux premiers scénarios auraient, selon les responsables, un impact indéniable sur les équilibres financiers du pays.

Cela dit, le gouvernement pourrait faire d’autres concessions face au refus des syndicats les plus représentatifs qui jugent l’offre gouvernementale de «maigre».

Réaction de l’UMT

Dans une déclaration à ALM, Nourredine Soulayk, membre de la direction de l’Union marocaine du travail (UMT), affirme que la centrale prendra part à la réunion de ce lundi à l’annexe de la Primature à Rabat. «Nous ne nous sommes pas retirés du dialogue social. La position de l’UMT a été et restera toujours de privilégier le dialogue avec les autres partenaires sociaux afin de défendre les intérêts des fonctionnaires et des salariés», dit-il. Et d’ajouter: «Nous avons reçu une invitation de la part des services du chef de gouvernement. Nous avons alors expliqué aux responsables qu’il était inutile de prendre part à la réunion en l’absence d’une nouvelle offre. C’est ainsi que les responsables nous font comprendre qu’il y aura effectivement une nouvelle offre. Nous avons décidé alors de participer à ladite réunion».

A noter que la dernière réunion du dialogue social a été marquée par le retrait de deux syndicats, à savoir l’UGTM et la CDT.

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