Dialogue social : L’Exécutif craint le scénario de 2012

Dialogue social : L’Exécutif craint le scénario de 2012

Les simulations effectuées par le gouvernement font ressortir un impact financier «beaucoup trop lourd» sur le budget

Le blocage concerne principalement la hausse des salaires. Alors que les syndicats font de la hausse des salaires une condition sine qua non pour tout accord, le gouvernement a, lui, déjà fait ses calculs avec une marge de manœuvre assez réduite.

L’accord de 2011 semble devenir une hantise pour les gouvernements successifs. Les informations qui parviennent des commissions du dialogue social n’augurent rien de bon pour le moment. Le blocage concerne principalement la hausse des salaires. Alors que les syndicats font de la hausse des salaires une condition sine qua non pour tout accord, le gouvernement a, lui, déjà fait ses calculs avec une marge de manœuvre assez réduite. En effet, une source proche des négociations affirme que l’Exécutif a déjà imaginé trois scénarios sur l’impact financier en cas d’un accord sur le budget en prenant en compte toutes les revendications syndicales.

La même source précise que le premier scénario fait ressortir un impact budgétaire de plus de 35 milliards de dirhams avec notamment une hausse généralisée des salaires. Le deuxième scénario coûterait, lui, la bagatelle de 28 milliards de dirhams alors que le dernier scénario dégagerait un coût supplémentaire pour l’Etat de 14 milliards de dirhams.

Le hic, c’est que les deux premiers scénarios représentent comme une ligne rouge à ne pas franchir pour les responsables vu l’impact indéniable sur les équilibres financiers du pays. Même le troisième scénario pourrait être difficilement supportable pour les caisses de l’Etat. Et pour cause, le gouvernement craint de se retrouver dans une situation similaire à celle de 2012.

Le gouvernement de l’époque conclut en avril 2011 un accord avec les syndicats. Quelques mois après, l’impact dudit accord dont les responsables estiment aujourd’hui le coût à plus de 13 milliards de dirhams, se fait déjà ressentir. Pour honorer une partie des engagements, le gouvernement décide alors de recourir à la dette intérieure et extérieure. Une dette qui a fini, au fil des années, par atteindre des proportions importantes comme souligné par des institutions publiques il y a deux années. Mais le gouvernement sait qu’il va falloir, coûte que coûte, lâcher du lest face aux syndicats afin de trouver un accord avant le 1er mai prochain sachant que le temps commence à presser. Alors l’Exécutif a dégainé une offre consistant à augmenter les salaires des catégories inférieures dans la fonction publique (moins de 5.500 dirhams). Le but, selon la même source, est de réduire les écarts entre les salaires dans l’administration étatique puisque l’un des plus hauts salaires actuellement dans la fonction publique (30.000 dirhams) représente aujourd’hui dix fois le salaire minimum dans l’administration (3.000 dirhams), ce qui est de nature à accentuer les inégalités. Mais les divergences entre les partenaires sociaux ne concernent pas uniquement le seul point de la hausse des salaires. Il existe un autre différend de taille puisque l’Exécutif préfère parler de l’amélioration des revenus à travers un package où la revalorisation du salaire est complémentaire avec d’autres actions comme la hausse des allocations.

Reste à savoir si les commissions thématiques, créées à l’issue du premier round du dialogue social vont dépasser les divergences sachant que le gouvernement a déjà annoncé son intention d’aboutir à un accord avec les syndicats avant la fin du mois d’avril. Nos sources n’excluent pas la tenue d’un nouveau round entre le chef de gouvernement et les secrétaires généraux des centrales syndicales les plus représentatives durant la première quinzaine du mois d’avril pour trancher les points conflictuels.

Alors que les négociations butent sur la hausse des salaires pour les fonctionnaires, la situation pour les salariés du privé reste la grande inconnue après les quelques premières réunions des commissions. Sur ce plan également, les responsables préfèrent parler de l’amélioration du revenu au moment où les syndicalistes exigent une hausse conséquente du salaire minimum, le SMIG et une baisse de la pression fiscale sur les catégories intermédiaires des salariés en plus d’une déductibilité de l’IR sur les salaires pour les parents scolarisant leurs enfants dans les écoles privées.

Seul bémol, il reste à peine quatre semaines avant la fête du travail. Les prochaines réunions risquent d’être marathoniennes…

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