Dragage du sable marin : Le Parlement s’en mêle

Dragage du sable marin : Le Parlement s’en mêle

Les députés vont examiner la situation alors qu’un flou total entoure la poursuite des activités sur le littoral

Les responsables pourraient se trouver dans une situation délicate puisque d’un côté, le pillage du sable des plages bat son plein avec tous les risques sur l’environnement et de l’autre, le sable issu du dragage commence également à présenter des risques non négligeables.

Nouveau rebondissement dans l’affaire du dragage du sable marin sur le littoral. Le Parlement se saisit du dossier pour l’examiner dans les prochains jours. En effet, la commission parlementaire permanente à la Chambre des représentants chargée des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement annonce l’organisation d’une réunion, lundi 28 mai consacrée à l’examen de la question du dragage du sable au littoral et à l’embouchure des fleuves. Les députés se mêlent donc de ce dossier alors qu’un flou entoure encore aujourd’hui la poursuite des activités du dragage dans le littoral. Il y a quelques semaines, des sources non officielles avaient laissé entendre qu’une entreprise spécialisée dans le dragage du sable marin a vu le renouvellement de son autorisation tarder alors que celle en cours arrive à échéance ce mois de mai.

Alors que le flou entoure toujours l’avenir de l’extraction du sable des fonds marins, des scientifiques tirent la sonnette d’alarme concernant un supposé impact écologique dévastateur sur les écosystèmes. Il faut dire que la polémique ne date pas d’aujourd’hui puisque dès l’annonce de l’appel d’offres pour le dragage du sable, des voix se sont élevées pour remettre en cause ce choix. A l’époque, les officiels ont expliqué que la demande sur le sable était très forte puisque les estimations parlent de 20 millions de mètres cubes par an. La même source répétait à qui voulait l’entendre que le sable issu du dragage pouvait être une bonne source de substitution pour le sable des dunes issus dans la majorité des cas du pillage des plages et de l’exploitation anarchique. Les responsables pourraient se trouver dans une situation délicate puisque d’un côté, le pillage du sable des plages bat son plein avec tous les risques sur l’environnement et de l’autre, le sable issu du dragage commence également à présenter des risques non négligeables.

Il faut préciser dans ce sens que les côtes marocaines qui s’étendent sur plus de 3.500 km restent une des principales sources de prélèvements de sable sur les plages et les dunes bordières destinées à répondre à la demande du secteur du BTP. La solution de substitution, à savoir le sable de dragage, est elle-même aujourd’hui pointée du doigt. C’est en tout cas ce que révèlent plusieurs études scientifiques. Celles-ci dénombrent les répercussions négatives qui auraient un impact non seulement sur l’évolution et la restauration de la zone d’extraction, mais également sur le trait de côte. Et pour cause, les sables apportés par la houle et les courants sont en partie piégés dans les excavations laissées par les dragues alors que ces mêmes sables contribuent à l’équilibre sédimentaire des côtes. De même, les extractions remuent les polluants cumulés sur les fonds qui se retrouvent dans la chaîne alimentaire des espèces marines. Reste à connaître le verdict des députés le 28 mai prochain. Affaire à suivre…

Exploitation du sable, une vraie problématique

Le boum de l’immobilier au cours des 15 dernières années a fait exploser la demande sur le sable donnant naissance à un business très lucratif. Cette situation a fini par développer une véritable filière informelle attirée par le gain facile. Certaines estimations disent que 50% des 30 millions de tonnes consommées annuellement proviennent de l’extraction sauvage dans la mer ou les oueds. Il s’agit d’un business lucratif puisque le mètre cube du sable se négocie à plus de 300 dirhams. Plusieurs études écologiques réalisées ces dix dernières années avaient tiré la sonnette d’alarme. Car face à l’exploitation anarchique, les plages risquent tout simplement de disparaître dans les années à venir avec des répercussions totalement désastreuses sur le plan écologique. L’adoption d’une nouvelle loi sur les carrières avait été présentée comme une solution efficace afin de lutter contre le secteur informel.

Carrières : Nouvelles règles

Le Conseil de gouvernement avait adopté le 23 novembre 2017 un décret d’application de la nouvelle loi sur les carrières. Le décret détermine notamment le mode d’élaboration et de validation des schémas de gestion de carrière. Le décret détermine en outre toutes les procédures entourant l’ouverture et l’exploitation des carrières.

Le texte détaille également toutes les informations à fournir dans le cadre du dépôt de la déclaration, sur la carrière, son exploitant… Par ailleurs, le décret fixe aussi les garanties financières que doit fournir l’exploitant, notamment pour garantir le réaménagement de la carrière à l’issue de la période d’exploitation. Un ensemble de dispositions techniques figure également dans le texte. Ces dispositions sont relatives à l’activité d’exploitation elle-même incluant des aménagements spécifiques de la carrière avant le démarrage de l’activité, des rapports environnementaux à établir chaque année par les exploitants…

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