Drapor dans l’incertitude

Drapor dans l’incertitude

Un de ses plus gros contrats d’exploitation pour le dragage à l’embouchure du sebou arrivera à expiration en mai prochain

Plusieurs études avaient conclu à un impact dévastateur des opérations de dragage d’un point de vue environnemental. Les répercussions négatives impactent non seulement  l’évolution et la restauration de la zone d’extraction, mais également le trait de côte.

La nouvelle est tombée comme un couperet. Le sort de Drapor, l’un des importants opérateurs nationaux dans le secteur de dragage du sable, est incertain. Le ministère de l’équipement se dirigerait vers le non renouvellement de son agrément de dragage du sable de la mer. Joint par téléphone, Abdelkader Amara, ministre de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, a affirmé à ALM que le contrat d’exploitation pour le dragage l’embouchure du Oued Sebou arrive à expiration en mai prochain. Mais pour ce qui est de son renouvellement, le ministre n’a pas donné suite, ce qui laisse planer le doute sur la reconduction dudit contrat. Ce dernier, faut il le rappeler, est l’une des exploitations les plus importantes de Drapor.

La zone concernée par cette décision est proche de l’embouchure du Oued Sebou dans la région de Kénitra. Le ministère a justifié cette décision par le souci du respect de la loi marocaine qui interdit le dragage du sable en eau peu profonde. Il faut dire que l’activité du dragage peut avoir un impact sur les écosystèmes marins en cas de non-respect des normes environnementales en vigueur. En fait, la polémique ne date pas d’aujourd’hui. Plusieurs militants écologiques et certains parlementaires avaient tiré la sonnette d’alarme concernant l’impact écologique du dragage des sables. Aujourd’hui le Maroc y avait consacré plusieurs articles (www.aujourdhui.ma) dès 2013. A l’époque une polémique était née suite à l’autorisation de l’exploitation du sable marin dans quatre nouveaux sites. Mais les responsables avaient expliqué à ce moment qu’une étude sur l’offre et la demande de sable avait révélé que les besoins du secteur du BTP en matière de sable étaient de 20 millions de mètres cubes par an.

La même source avait fait savoir que pour répondre à la demande et protéger les dunes côtières contre le pillage et l’exploitation anarchique, l’étude a conclu à la nécessité de recourir à des solutions alternatives au sable dunaire dont essentiellement le sable de dragage et de concassage. Le hic, c’est que plusieurs études effectuées par des scientifiques marocains avaient conclu à un impact dévastateur des opérations de dragage d’un point de vue environnemental. Les répercussions négatives impactent non seulement  l’évolution et la restauration de la zone d’extraction, mais également le trait de côte. Et pour cause, les sables apportés par la houle et les courants restent sont en partie piégés dans les excavations laissées par les dragues alors que ces mêmes sables contribuent à l’équilibre sédimentaire des côtes. Ce n’est pas tout. Les extractions effectuées remuent les polluants cumulés sur les fonds. Ces derniers se retrouvent ainsi dans la chaîne alimentaire des espèces marocaines. Ainsi, le littoral national fait face à une double menace. En plus des activités du dragage qui s’avèrent être aujourd’hui dangereuses, les côtes marocaines qui s’étendent sur plus de 3.500 km restent une des principales sources de prélèvements de sable sur les plages et les dunes bordières destinées à répondre à la demande du secteur du BTP. La forte demande du secteur de l’immobilier durant les 15 dernières années a généré une forte pression sur les ressources disponibles en sable. Ceci a créé une situation où l’extraction incontrôlée et sauvage est devenue monnaie courante.

Lorsque le dragage était une solution

L’orientation vers le sable issu des opérations de dragage était inévitable à un moment car les responsables le présentaient comme La solution contre le pillage de sable des plages. Mais celui-ci est également une problématique.

Certaines estimations disent que 50% des 30 millions de tonnes consommées annuellement proviennent de l’extraction sauvage dans la mer ou les oueds. Il s’agit d’un business lucratif puisque le mètre cube du sable se négocie à plus de 300 dirhams.

Des tarifs qui ont fini par attirer des réseaux spécialisés dans l’exploitation anarchique du sable alimentant tout un marché parallèle et informel. Plusieurs études écologiques réalisées ces dix dernières années avaient tiré la sonnette d’alarme. Car face à l’exploitation anarchique, les plages risquent tout simplement de disparaître dans les années à venir avec des répercussions totalement désastreuses sur le plan écologique.

«Sable» de substitution

L’exploitation du sable pour la construction est une problématique très complexe. En plus de l’exploitation anarchique du sable dunaire, des matériaux de substitution de mauvaise qualité avaient également fait leur apparition, notamment après l’institution d’une taxe sur le sable et la hausse des prix sur le marché national.

Il faut dire qu’une polémique était née suite à l’application par le gouvernement précédent d’une nouvelle taxe. Cette dernière avait alors généré une hausse du prix final. Il faut préciser que le prix du sable issu des dunes peut atteindre 300 dirhams le m3 alors que le prix du sable de dragage sur le marché peut dépasser 200 dirhams le m3. Cela dit, le sable issu des dunes reste très prisé alors que celui issu du concassage est souvent boudé par les constructeurs.

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