Driss Lachgar se joint à la défense pour soutenir Khalid Alioua

Driss Lachgar se joint à la défense pour soutenir Khalid Alioua

L’USFP sort petit à petit de son mutisme sur l’affaire Khalid Alioua. Cet ancien cadre ittihadi et plusieurs fois ministre, est emprisonné actuellement, après avoir été accusé de «dilapidation de deniers publics» au cours de son mandat au CIH (Crédit immobilier et hôtelier) dont il fut le PDG entre la période de 2004 et 2009.
Après la décision de Driss Lachgar, membre du bureau politique de l’USFP, de rejoindre la défense de Alioua, le secteur des avocats ittihadis pourrait faire de même avant l’ouverture officielle du procès. «Les avocats USFP étudient actuellement la possibilité de défendre d’une manière groupée Alioua devant la justice. Une décision devra être prise très bientôt sur ce sujet», affirme un avocat USFPéiste. Cette série d’initiatives de soutien vient après que l’affaire a été soulevée dans la dernière réunion du bureau politique du parti. Simple coïncidence ou véritable décision politique? Une source régulièrement bien informée déclare que les membres du bureau politique ont longuement débattu du sujet, avec une tendance générale au sein du bureau, pour soutenir l’ancien ministre de l’emploi et porte-parole du gouvernement El Youssoufi. «Khalid Alioua est l’une des icônes du parti. Il fut témoin et acteur de plusieurs événements importants de l’histoire de l’USFP.
A un certain moment il était même considéré comme un adjoint de l’ancien premier secrétaire Abdderrahmane El Youssoufi», explique un membre du conseil national du parti de la rose qui n’écarte pas la possibilité d’inscrire l’affaire à l’ordre du jour de la prochaine session du conseil. Une prise de décision plus officielle du parti sur l’affaire devra être probablement dévoilée dans les prochains jours même si Alioua a pratiquement gelé ses fonctions partisanes depuis le dernier congrès. Cependant, les opinions des cadres du parti se font déjà plus claires. Mohamed Achaâri, ancien ministre de la culture et membre du bureau politique du parti, a réagi publiquement sur l’affaire à travers une chronique dans la presse, publiée ce week-end. Il est notamment revenu sur le parcours de son ami et ancien collègue au gouvernement affirmant que Alioua aurait pu être très loin du CIH si l’USFP avait réussi à gagner les élections communales en 2003 à Casablanca. Achaâri a également écrit que la nomination de Alioua à la tête du CIH était une sorte de «réhabilitation» après son départ du gouvernement Jettou suite à un remaniement. On apprend également dans la chronique que l’ancien patron du CIH était «en colère et blessé» après son départ du ministère de l’enseignement supérieur. Tout au début, Achaâri a écrit que la crise de l’accusé était également la crise de l’USFP.
Toutes ces réactions prises par des membres du parti soutiennent Alioua même si elles ont relativement tardé. Pourquoi ce retard? Des sources au sein du parti laissent entendre que les militants ont décidé de réagir parce qu’ils ont le sentiment que le dossier est, en quelque sorte, «politisé». Ceci risque de donner une dimension et une envergure encore plus importantes au procès. Des bras de fer politiques pourraient facilement s’en suivre. Reste à savoir à quel point les USFPéistes sont prêts à aller pour défendre leur ami dans cette affaire et surtout comment ils comptent s’y faire. Les prochains jours permettront sûrement d’y voir plus clair.

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