Droit d’asile au Maroc : le HCR s’en mêle

Face à une Europe soucieuse des droits de l’Homme mais transformée en forteresse, le Maroc se retrouve seul devant la gestion du drame de l’immigration clandestine. Les rapatriements massifs via des ponts aériens ont été plutôt bien vus à Bruxelles, qui conditionne toute aide pour lutter contre le fléau à des «gestes de bonne volonté» de la part des pays de transit comme le Maroc.
Seulement, du point de vue du HCR, les personnes ayant déjà déposé un droit d’asile au Maroc, donc rentrant dans les procédures prévues par la Convention de Genève de 1951, ne peuvent être expulsées.
L’agence onusienne qui  a dépêché une équipe d’experts au Maroc, estime qu’il y a eu dans la vague d’expulsion de ces dernières semaines, des demandeurs d’asile. Difficile d’avancer des chiffres précis. N’étant pas un pays d’asile, le Maroc n’a enregistré que 177 dossiers de demandes, d’ailleurs toutes refusées. Selon Ekber Menemencioglu, directeur pour l’UNHCR du bureau de l’Asie centrale, Asie du Sud-Ouest, Afrique  du Nord et Moyen-Orient, des dizaines de ressortissants de l’Afrique subsaharienne possédant des papiers d’identité délivrés par le HCR ont été arrêtés par les autorités marocaines, et sont victimes de mesures de répression à l’encontre des immigrants clandestins. Le HCR estime que ces personnes, «relevant de son mandat, ne doivent pas être expulsées vers un pays où elles risqueraient de se trouver en situation de danger, d’autant plus que nous avons demandé, à plusieurs reprises, de pouvoir se rendre auprès d’elles, en vain jusqu’à maintenant", a ajouté M.E. Menemencioglu.
Côté marocain, aucune réponse officielle n’a encore été donnée par rapport aux requêtes formulées par le HCR.
De son côté, l’Union européenne qui presse le Maroc de freiner ce flux indésirable, émet des «doutes » sur la capacité réelle du Royaume à fournir une protection effective aux personnes demandant l’asile. Des termes consignés dans un rapport datant de mercredi. «Un doute persiste quant à la capacité du Maroc d’offrir dans la pratique une protection effective à tous ceux qui demandent" l’asile sur son territoire,  lit-on dans ce rapport élaboré par la mission technique de l’UE, rentrée le 11 octobre courant d’une visite au Maroc et dans les présides occupés de Sebta et Melillia».
Ce n’est pas tant la législation marocaine, à jour sur les conventions internationales sur le droit d’asile, que les structures adéquates, absentes, qui rendent la situation des demandeurs d’asile difficile. «Aucune structure compétente ne semble avoir été mise sur pied pour recueillir les réclamations des réfugiés », note le rapport qui parle de confusion dans les procédures adéquates de demande d’asile. .. 
Le HCR qui reconnaît à tout gouvernement le droit légitime de gérer toute migration irrégulière souligne que souvent, il y a des personnes cachées dans ces flux, fuyant des persécutions et la violence, qui méritent d’avoir accès à une procédure d’asile en bonne et due forme". L’organisation dit avoir insisté auprès des autorités marocaines pour "le respect des principes internationaux de protection, tout particulièrement en ce qui concerne le refoulement, et pour un traitement humain de toute personne".  Mal préparé face à un tel flux et mis à rude épreuve devant une Europe barricadée et jalouse de ses frontières, le Maroc se retrouve seul face à un problème européen. Ce que souligne en substance la mission du HCR, appelant de ce fait à intensifier la coopération avec les pays de transit bordant les frontières sud de l’Europe pour leur permettre de mieux gérer l’immigration et de fournir une protection adéquate aux réfugiés. Un prêche dans le désert ?

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *