Droits de la femme : Driss Jettou interpellé

Le Maroc aurait-il « renié » ses engagements envers les femmes ? Dans une pétition adressée récemment au Premier ministre Driss Jettou, quatre organisations de défense des droits de l’Homme évoquent « un recul de taille par rapport aux progrès déjà réalisés par le Maroc en matière de promotion des droits des femmes ».
Il s’agit de l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM), de l’Espace associatif, de l’OMDH et de l’AMDH. Sur quelle base les organisations signataires s’appuient-elles pour établir ce constat ?
L’affaire a éclaté à Bruxelles le 19 octobre dernier, lors d’une réunion préparatoire à la conférence ministérielle Euromed programmée pour les 14 et 15 novembre 2006 à Istanbul (Turquie). Que s’est-il passé lors de cette réunion ? D’après les pétitionnaires, les représentants des gouvernements arabes partenaires, dont le Royaume du Maroc, auraient refusé toute « référence explicite au principe de l’égalité entre les hommes et les femmes et aux normes internationales relatives aux droits humains des femmes ».
Or, en ce qui concerne le Maroc, cette « référence» est mentionnée dans la Constitution. Le respect des droits de l’Homme tels qu’ils sont universellement reconnus l’est également. Sur cette question, le Royaume a réalisé une avancée indéniable. Tout le monde ou presque s’accorde à dire que le Maroc a joué un rôle pionnier sur ce chapitre. Pourquoi alors cette levée de boucliers aujourd’hui au sein du tissu associatif ? En fait, c’est « le point de vue défendu par le Maroc lors de la réunion mentionnée précédemment » qui pose problème.
En clair, les pétitionnaires veulent  savoir si le Maroc s’est aligné sur la position des gouvernements arabes représentés à la réunion controversée ou s’il ne l’a pas fait.
Les mêmes pétitionnaires appellent le gouvernement Jettou à annoncer « les engagements qu’il compte prendre pour conformer, lors de la conférence ministérielle d’Istanbul, ses positions avec ses engagements nationaux et internationaux en la matière, y compris ceux qui ont présidé à son élection au Conseil des droits de l’Homme en mai 2006 ».
Un besoin de clarification s’impose à la veille d’une conférence censée rapprocher les points de vue des partenaires euro-méditerranéens sur la question des droits de l’Homme en général, et ceux des femmes en particulier. Mais voilà, le ton de la divergence est désormais donné.
Selon le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH), cité et revendiqué par les pétitionnaires, les gouvernements arabes ont bel et bien exprimé leur opposition au Projet de Plan d’action qui sera présenté les 14 et 15 novembre courant à Istanbul. Outre le « refus de la référence explicite au principe de l’égalité entre les hommes et les femmes et aux normes internationales relatives aux droits humains des femmes », les gouvernements arabes ont mis en avant « la suprématie des lois internes » et rejeté « tout engagement financier pour la mise en œuvre du projet de Plan d’action » en question…

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