Droits de l’Homme : Washington juge ses alliés

Dans son dernier rapport annuel, le département d’Etat américain dénonce plusieurs impairs commis par certains de ses alliés dans le cadre de la campagne antiterroriste. Et ce document cite notamment des Etats d’Asie centrale, l’Arabie Saoudite, Israël ou encore la Russie… En guise d’introduction, les services de Colin Powell soulignent tout d’abord la victoire obtenue aux dépens du régime Taliban « brutal et oppresseur». « Les femmes afghanes, soumises à la violence et à la répression, commencent maintenant à reprendre leur place dans la société », déclare ainsi le département d’Etat. « En fait, l’Afghanistan est un triomphe pour les droits de l’Homme en 2001. Il reste néanmoins beaucoup de travail à accomplir », poursuit le texte, ajoutant que les alliances scellées à cette occasion ont soulever cette délicate question.
En Ouzbékistan par exemple, utilisée comme base militaire de la coalition internationale en Asie centrale, des milliers de personnes accusées d’atteinte à la constitution sont toujours incarcérées, note le rapport, simplement parce qu’elles appartiennent à la mouvance musulmane opposée à la version de l’Islam prônée par les autorités. «Le gouvernement continue à considérer ceux qui pratiquent une version non-autorisée de l’Islam comme des ennemis d’Etat et les traite sans distinction comme des terroristes », explique le département d’Etat. L’Arabie saoudite, qui a aussi autorisé Washington à installer des bases aériennes sur son sol, se voit pour sa part reprocher les restrictions qu’elle impose aux non-Musulmans.
Le rapport indique ainsi que le gouvernement saoudien ne s’est jamais expliqué clairement au sujet du texte qui autorise les non-Musulmans à une pratique privée de leur culte. « Ce manque de clarté, allié à des cas d’application arbitraire, se traduisent par le fait que les non-Musulmans pratiquent dans la clandestinité. Une fois découverts, certains ont été arrêtés et expulsés », souligne-t-il. Quant à Israël, premier allié des Etats-Unis au Proche-Orient, il n’échappe pas non plus aux reproches : L’Etat hébreu est ainsi critiqué pour son usage « parfois excessif de la force, contraire à ses propres lois et engagements ». La Russie enfin, se voit montrée du doigt pour ses pratiques abusives à l’égard des Tchétchènes, accusés par le Kremlin de liens avec Al-Qaïda. La campagne russe « a souvent été accompagnée (…) de disparitions, d’exécutions extrajudiciaires, d’extorsions, de torture et de détentions arbitraires », note le rapport.
A part ses principaux alliés, le Pentagone ne manque toutefois pas de dénoncer les Etats traditionnellement critiqués pour leur manque de respect des droits de l’homme : on y trouve entre autres la Biélorussie, la Birmanie, la Chine, la Colombie, Cuba, le Kenya, le Liberia, l’Iran, l’Irak, le Mexique, la Corée du Nord, le Soudan, l’Ukraine, le Vietnam et le Zimbabwe…

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