Égypte : Les heurts se poursuivent au Caire

Égypte : Les heurts se poursuivent au Caire

Les heurts se poursuivaient entre pro et anti Moubarak mercredi après-midi au Caire, où la bataille s’est déplacée près du Musée égyptien non loin de la place Tahrir, épicentre de la révolte désormais contrôlé par les opposants au régime, selon un journaliste de l’AFP. Des dizaines de personnes ont été blessées lorsque partisans et opposants au chef de l’Etat se sont affrontés à jets de pierres et à coups de bâtons. Des pro-Moubarak ont chargé les manifestants réclamant son départ place Tahrir à cheval et à dos de chameau, avant d’être encerclés et désarçonnés. Au moins six personnes ont été jetées à bas de leur monture, frappées à coups de bâtons et traînées au sol alors que leur visage était en sang. Un homme a été emmené alors qu’il était inconscient. De grandes taches de sang maculaient le sol. Les opposants à M. Moubarak contrôlent désormais la place Tahrir. La bataille, toujours à coups de pierres, s’est déplacée près du Musée égyptien, non loin de là. Des soldats ont formé une chaîne dans l’enceinte du musée pour le protéger, mais l’armée ne s’est pas interposée entre les manifestants des deux bords, provoquant la colère de plusieurs d’entre eux. «Où est l’armée égyptienne?», criaient certains. Juchés sur des chars de l’armée, des manifestants anti-régime jetaient des pierres sur les partisans du chef de l’Etat tandis que d’autres les frappaient à coups de bâtons. Des anti-Moubarak poussaient cinq camions de l’armée pour former une barrière entre les deux camps près du musée.
Des manifestants cassaient en outre les trottoirs pour se fournir en projectiles. Selon Aïcha Hussein, une infirmière, des dizaines de personnes étaient soignées dans la mosquée Ibad al-Rahmane, qui jouxte la place Tahrir et où un hôpital de campagne a été installé. «Des gens ont des blessures multiples, toutes sortes de contusions. Nous avons eu quelqu’un qui a eu besoin de points de suture à deux endroits sur le visage. Certains ont des fractures», a-t-elle affirmé à l’AFP. «C’était le chaos» quand les manifestants ont commencé à arriver, a-t-elle ajouté. L’armée a appelé, mercredi matin, les manifestants à rentrer chez eux, dans un communiqué lu à la télévision d’Etat, au lendemain d’un discours solennel du président annonçant qu’il ne se représenterait pas à la présidentielle, prévue en septembre. Cet appel n’a pas dissuadé les contestataires de poursuivre leur mouvement, et même de confirmer un appel à de nouveaux rassemblements massifs vendredi, journée baptisée «vendredi du départ».

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