Égypte : Moubarak devra comparaître devant un tribunal du Caire

Égypte : Moubarak devra comparaître devant un tribunal du Caire

L’ancien président égyptien Hosni Moubarak a reçu une convocation de la justice pour comparaître devant un tribunal du Caire, déclare le ministre de l’Intérieur, cité mardi dans le quotidien officiel Al Ahram. Le parquet a annoncé, dimanche, sa convocation dans le cadre d’enquêtes sur la mort de manifestants et le détournement de fonds publics. Le ministre Mansour al Essaoui ne précise pas quand il comparaîtra ni de quelles accusations il devra répondre. Ses fils Alaa et Gamal ont également été convoqués, dit-il. Une sécurité spéciale est prévue pour le procès de Moubarak, ajoute le ministre. L’ancien président égyptien a été renversé le 11 février par une révolution populaire. Il est sorti dimanche de son silence pour rejeter en bloc les accusations de corruption portées contre sa famille et lui. Par ailleurs, un blogueur égyptien a été condamné à trois ans de prison pour insulte à l’armée, rapporte l’ONG Human Rights Watch (HRW) qui craint que le nouveau pouvoir militaire ne restreigne la liberté d’expression. Les avocats de Maikel Nabil avaient été avertis que le juge devait rendre sa décision mardi. Or, leur client a été condamné lundi en leur absence. «La condamnation à trois ans de prison de Maikel Nabil peut être considérée comme la pire attaque contre la liberté d’expression en Egypte depuis 2007, quand un blogueur avait été condamné à quatre ans de prison par le gouvernement Moubarak», a déclaré Joe Stork, vice-responsable du Moyen-Orient à HRW. La condamnation doit encore être validée par les autorités militaires. Le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir en Egypte depuis la chute du président Hosni Moubarak il y a deux mois, affirme que Maikel Nabil, qui est âgé de 25 ans, a utilisé un «langage inapproprié» en critiquant l’armée. Le pouvoir en place a estimé que l’appel du blogueur à rejeter la conscription avait eu un effet néfaste auprès de la jeunesse. Maikel Nabil avait été arrêté par des militaires le 28 mars à son domicile. Dans un message posté le 8 mars, il s’interrogeait sur les mobiles de l’armée et diffusait des photos et des vidéos de manifestants durant le soulèvement contre Hosni Moubarak. «La dictature est toujours présente», écrivait-il. L’armée égyptienne a démenti avoir réprimé les manifestations pendant la «révolution du Nil». HRW dit par ailleurs avoir vu une lettre envoyée par le conseil militaire aux journaux égyptiens, demandant que les informations, photos ou communiqués concernant l’armée soient vérifiés au préalable par le département des Affaires morales et les services de l’armée afin de protéger la sécurité nationale.

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