Égypte : Moubarak et ses fils devant la justice

Égypte : Moubarak et ses fils devant la justice

Le début du procès de l’ex-président égyptien Hosni Moubarak et de ses deux fils pour le meurtre de manifestants pendant la révolte populaire de janvier-février et pour enrichissement illégal a été fixé au 3 août, a annoncé, mercredi, la justice égyptienne. La lourde mission de juger M. Moubarak et ses fils, Alaa et Gamal, ainsi que l’homme d’affaires Hussein Salem, très proche de l’ancien pouvoir, a été confiée à un tribunal pénal du nord du Caire. C’est la première fois dans l’histoire de l’Egypte qu’un ancien chef d’Etat doit comparaître devant la justice. La Cour présidée par le juge Ahmed Rifaat devra juger un homme âgé de 83 ans, qui a régné sans partage sur le pays le plus peuplé du monde arabe pendant trois décennies.
S’il est reconnu coupable, M. Moubarak est passible de la peine capitale. A Washington, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a dit espérer que le procès soit équitable. «Nous souhaitons que des procédures appropriées soient suivies dans tous les procès, et en particulier dans celui-ci, qui sera certainement très tendu», a déclaré Mme Clinton.
Un haut responsable de l’influent mouvement des Frères musulmans égyptiens, Essam El-Erian, a déclaré que l’annonce d’une date pour ce procès était «un développement bienvenu» qui «permet d’assurer aux gens que la justice suivra son cours». Le quotidien gouvernemental Al-Ahram, citant une source judiciaire, affirmait toutefois, mercredi, que le procès pourrait avoir lieu pour des raisons de sécurité à Charm el-Cheikh, dans le Sinaï, où l’ex-président est en résidence surveillée à l’hôpital. La source citée par le journal justifie une tenue du procès à Charm el-Cheikh par «la haine contre Moubarak (qui) augmente de jour en jour du fait des informations sur ses propriétés et richesses à l’étranger». Mardi, le Parquet général avait estimé que l’état de santé de M. Moubarak ne permettait pas encore son transfert dans une prison du Caire en attendant son procès.
L’ancien chef d’Etat a été chassé du pouvoir le 11 février par une révolte populaire sans précédent qui a fait officiellement 846 morts en 18 jours. M. Moubarak a été admis le 13 avril à l’Hôpital international de Charm el-Cheikh après un malaise cardiaque pendant un interrogatoire. Le procureur général Abdel Meguid Mahmoud avait chargé une équipe de médecins, dont des cardiologues, de réexaminer l’ex-président pour établir si son état de santé permet son transfert dans un hôpital carcéral.
D’après les médecins, M. Moubarak est déprimé et présente des risques de crise cardiaque. Il risque aussi de perdre brièvement conscience en raison de problèmes de circulation et ne peut pas se lever seul. Les médecins font également état de la présence de «tumeurs» dans les voies biliaires et au pancréas mais il n’est pas clair si elles ont été enlevées en mars 2010, lorsqu’il a été opéré en Allemagne, ou si elles étaient toujours présentes. Son avocat, Farid al-Dib, a récemment affirmé à la chaîne américaine CNN que M. Moubarak était «en très mauvaise santé». Il a nié que l’ex-président ait donné l’ordre d’utiliser la force ou des balles réelles contre les manifestants, mais l’ancien chef des services de renseignements, Omar Souleimane, a assuré qu’il avait «parfaitement connaissance de chaque balle tirée». Ses fils Alaa et Gamal sont actuellement en détention provisoire dans la prison de Tora, au Caire. Ils sont poursuivis pour les mêmes motifs que l’ancien chef d’Etat. Gamal a longtemps fait figure de successeur potentiel de son père.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *