Elections partielles : USFP et Istiqlal se disent « oui »

Elections partielles : USFP et Istiqlal se disent « oui »

Driss Lachgar et Hamid Chabat unis pour le meilleur et pour le pire. Les deux hommes respectivement secrétaire général de l’USFP (Union socialiste des forces populaires) et secrétaire général du PI (parti de l’Istiqlal) ont franchi un nouveau palier dans leur coordination. Celle-ci ne se limitera plus à la participation dans les manifestations organisées par les deux formations mais elle sera appelée à atteindre un niveau politique plus élevé.

En effet, un communiqué des deux partis vient d’annoncer que l’USFP et le PI aborderont les élections partielles prévues aujourd’hui dans les circonscriptions de Settat et de Moulay Yacoub, avec des candidats communs. A Settat, c’est un candidat issu de l’USFP qui défendra les chances des deux formations alors que la même tâche sera dévolue à un Istiqlalien à Moulay Yacoub. «Nous appelons les militants et sympathisants de notre parti à voter pour les candidats du PI à Moulay Yacoub et faire de même pour notre candidat à Settat en appelant les électeurs à se déplacer massivement dans les bureaux de vote», annonce un communiqué de l’USFP.

Le comité exécutif du PI a fait la même demande à ses partisans dans les deux circonscriptions concernées. L’initiative n’est pas inédite en elle-même puisque les deux partis avaient fait la même chose dans le passé avec candidatures communes dans plusieurs élections mais leur décision prend tout de même une autre signification dans le contexte actuel. Bien évidemment, les deux partis étaient tous les deux membres dans le passé de la Koutla démocratique qui comptait dans ses rangs également le PPS (Parti du progrès et du socialisme). Il était tout à fait normal à cette époque de présenter des candidats uniques ou communs dans un scrutin.

Aujourd’hui, les choses ont changé. La Koutla a reçu son coup de grâce au lendemain des Législatives de 2011 lorsque l’USFP a choisi de revenir à l’opposition alors que le PI et le PPS ont préféré rester au gouvernement. Après la sortie du PI de la majorité pour rallier l’opposition, la porte est désormais grande ouverte devant les deux formations pour renouer avec le passé et renforcer leur coopération. Si les responsables des deux partis n’en parlent pas ouvertement, cette coordination approfondie leur permettra d’augmenter leurs chances pour s’imposer face à leurs rivaux politiques en particulier le PJD (Parti de la justice et du développement).

Même si le parti de la lampe ne s’est pas engagé dans la course pour le siège parlementaire de Settat, son candidat dans la circonscription de Moulay Yacoub sera le candidat à battre par l’opposition. Ainsi, une victoire de l’Istiqlal et de l’USFP sur le PJD aura une très forte valeur symbolique à la veille de l’organisation par le parti de la rose d’un rassemblement de protestation dans le complexe Moulay Abdallah à Rabat contre la politique gouvernementale. Les Pjdistes savent, quant à eux, qu’ils devront s’attendre à une opposition encore plus farouche, notamment au Parlement, où l’ouverture de la session automnale est prévue dans quelques jours.

A noter que les élections partielles ont lieu aujourd’hui suite à l’invalidation par le Conseil constitutionnel de deux sièges à Settat et à Moulay Yacoub. Cinq partis politiques sont en lice pour le scrutin à Settat alors que six formations seront engagées dans la course au siège parlementaire mis en jeu à Moulay Yacoub.

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