Électricité : ABB s’accroche à sa concession

«J’y suis, j’y reste». Le groupe ABB qui détient 50% de la société concédante de production d’électricité « Jorf Lasfar Energy Company » se maintient au Maroc. Après avoir envisager la vente, dans le cadre de son programme de réduction des dettes, une solution de substitution a été trouvée. De la bouche d’un haut fonctionnaire des Finances : «ABB nous a fait part de son intention de conserver ses 50 % dans la concession».
L’opérateur mondial était enclin à se désengager d’une affaire aussi juteuse à cause de ses dettes estimées à quelque 9 milliards de dollars contractées sur le marché financier international. Il voulait, dans ce sens, dégager un milliard de dollars environ, en cédant plusieurs activités à un trio de sociétés de capital-investissement. Un accord devait être signé avec JP Morgan Partners, le pôle private equity de JP Morgan, et les britanniques 3i Group et Candover. Le Maroc était l’un des pays concernés par ce programme de cessions, mais plus maintenant. Cette décision ne ferait assurément pas que des heureux. Plusieurs groupes avaient manifesté de l’intérêt pour la reprise d’une telle noble participation, source de revenus non négligeables. Selon des informations concordantes, le premier holding du pays ONA, l’ONE et la Somed, ont manifesté de l’intérêt pour la reprise de la concession.
Même mieux, l’Etat concédant voulait tirer profit du désengagement d’ABB (50 % de la joint-venture avec Consumers Michigan Services (CMS Energy)) pour revoir certaines clauses. Le ministère de l’Energie, l’Office national de l’électricité et ABB étudiaient le scénario de ce retrait. «Il est tout de même surprenant et légitime d’observer qu’au moment où l’ONE affiche une perte de 2 milliards de DH, en face, le concessionnaire arbore un bénéfice de 2 milliards de DH» avait laissé entendre le professeur Mohamed Chafiki, par ailleurs directeur du cabinet du ministre des Finances, en marge d’un débat organisé par l’école HEM. En réponse, le directeur des Etablissements publics et des participations (DEPP), Mohamed Boussaid, avait laissé entendre que les chiffres avancés correspondent effectivement à l’exercice 2001 caractérisé par certaines défaillances au niveau des centrales hydrauliques ainsi que le pic des investissements consentis. En face, le concessionnaire a consenti des investissements lourds permettant des économies et la par suite des baisses des tarifs non négligeables. À l’époque, en plus d’être une première, les carences en alimentation électrique poussaient à une paralysie de l’activité industrielle pour des heures.
Même si, en effet, le chemin parcourut depuis est non négligeable, il y a lieu de repenser la stratégie électrique nationale. En tout cas, le débat risque d’être animé. L’ONE est bien lancé sur l’élaboration d’une vision globale. Les réformes nécessaires sont à l’étude. L’opérateur national envisage même la création de filiales dédiées. Une vision prospective est en chantier. Il faut rappeler que cette concession constituait une première au Maroc et en Afrique puisque. C’est la première fois qu’un organisme privé marocain s’est engagé dans une opération d’un tel montant avec des promoteurs étrangers. Le contrat de concession, signée le 12 septembre 1997, portait sur 1,6 milliard de dollars.

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