En attendant le vrai sommet de l’UMA

La clôture de la réunion du conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UMA, tenue vendredi après celle des experts (jeudi), devait avoir lieu dans la soirée, mais fut reportée à samedi matin, pour la poursuite de concertations politiques.
Dans son allocution de clôture, le ministre algérien des affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem, a indiqué que le procès verbal comporte des décisions relatives notamment aux instances maghrébines, appelées à travailler dans de «meilleures conditions» et à la révision de certains textes dans le sens de la souplesse dans la prise de décisions, et qui seront soumises au conseil présidentiel de l’Union.
Le communiqué final souligne que le conseil ministériel est parvenu à des «résultats très importants» susceptibles de faire «avancer le projet unificateur» et préparer les voies à des «échéances maghrébines importantes». Il a souligné que les ministres ont examiné les moyens de «consolider davantage» la marche maghrébine conformément à une «approche d’intégration» plus efficiente dans ces nouvelles circonstances internationales caractérisées par des «retombées directes» de la mondialisation et la tendance internationale au «regroupement», ce qui implique «l’adaptation des méthodes» de l’Union et des mécanismes de travail, compte tenu de ces nouveautés, afin de répondre aux ambitions des Maghrébins à la «complémentarité et à l’intégration».
Des déclarations qui ne concordent pas, en fait, avec les vraies intentions des responsables maghrébins, du moins en ce qui concerne les relations entre le Maroc et l’Algérie. Car, au moment où les Algériens s’attachent à la tenue d’un sommet maghrébin au niveau des chefs d’Etats, pour des raisons de politique interne et en vue de la consommation médiatique à l’intérieur de l’Algérie, et pour mettre un véritable écran sur les problèmes graves qui secouent ce pays, du côté marocain, l’on continue d’annoncer que toute tentative d’unification de l’UMA, qui ne tiendra pas compte de son intégrité territoriale, sera vouée à l’échec et sans perspectives réelles de réussite.
Dans le même ordre, aucun indice nouveau n’est visible à l’horizon, hormis certains gestes de solidarité qui rentrent dans le cadre de soutien traditionnel entre ces pays voisins, notamment dans les moments de crise ou de catastrophes naturelles.
Bref, tout porte à croire, comme l’a annoncé le ministre marocain des Affaires étrangères, Mohamed Benaissa, que les circonstances ne sont pas encore adéquates pour un sommet au niveau des Chefs d’Etat maghrébins.
Mais, cela n’a pas empêché le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UMA de se tenir. Ce dernier a demandé la levée de l’embargo imposé à la Libye, condamné, à l’accoutumée, les agressions israéliennes contre le peuple palestinien et appelé la communauté internationale à intervenir «d’urgence» pour assurer sa «protection» et exercer des «pressions» sur Israël pour l’amener à se conformer à la légalité internationale.
Les participants ont, en outre, adressé au président Yasser Arafat un message de «solidarité totale» de l’Union maghrébine et exprimé leur «profonde préoccupation» quant aux menaces auxquelles est exposé l’Irak et appelé à la levée de l’embargo imposé à ce pays, au respect de sa souveraineté et de son unité territoriale et au rejet du recours à la force contre ce pays, conformément aux recommandations du sommet de Beyrouth.

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