«Entre orientalisme et modernité : La Chine, miroir ou autre de l’Europe» : L’Académie du Royaume lance le débat

«Entre orientalisme et modernité : La Chine, miroir ou autre de l’Europe» : L’Académie du Royaume lance le débat

L’Académie du Royaume s’est engagée à généraliser le savoir et la connaissance, et cette rencontre, qui inaugure un cycle de conférences qui se tiendront au Maroc en partenariat avec le Collège de France, découle de la conviction de l’Académie que le meilleur moyen de favoriser la connaissance à tous est de s’ouvrir sur les institutions scientifiques de renom.

Les sociétés contemporaines ne pourront atteindre le développement économique et technologique sans former l’Homme sur le plan intellectuel, afin qu’il puisse occuper une place efficace et influente dans le monde d’aujourd’hui, a indiqué, mercredi à Rabat, le secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume, Abdeljalil Lahjomri.

S’exprimant lors d’un point de presse tenu en marge d’une conférence organisée par l’Académie du Royaume et animée par la professeure Anne Cheng, membre du Collège de France à Paris, sous le thème «Entre orientalisme et modernité : la Chine, miroir ou autre de l’Europe», M. Lahjomri a relevé que l’Académie du Royaume s’est engagée à généraliser le savoir et la connaissance, faisant savoir que la rencontre d’aujourd’hui, qui inaugure un cycle de conférences qui se tiendront au Maroc en partenariat avec le Collège de France, découle de la conviction de l’Académie que le meilleur moyen de favoriser la connaissance à tous est de s’ouvrir sur les institutions scientifiques de renom.

Le secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume a par ailleurs réitéré que «l’ère des académies renfermées est terminée», ajoutant qu’il relève des devoirs de l’Académie du Royaume de s’ouvrir sur les milieux scientifiques et culturels, conformément aux Hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI visant à partager les échanges intellectuels qui se font entre académiciens au sein de l’Académie avec les chercheurs, les universitaires et les élites intéressés par la recherche et la réflexion.

Aussi, considérée comme un espace d’échange culturel instructif, l’Académie du Royaume organisera une série de conférences scientifiques dans les domaines de l’histoire et des arts, en coopération avec l’Institut du monde arabe à Paris, de même qu’elle tiendra des expositions artistiques et des conférences scientifiques, en coordination avec la Fondation nationale des musées consacrées au sujet «Trésors de l’islam en Afrique», a annoncé M. Lahjomri.

L’Académie du Royaume prévoit également la mise en scène d’une projection artistique intitulée «Machahid» (Des scènes) exposant en image les murailles de la «Kasbah des Oudayas», en guise de contribution à la célébration du projet de Rabat, ville des lumières, a-t-il ajouté.

Le but de ces initiatives étant de souligner que l’action menée par l’Académie du Royaume en vue de mettre le savoir et la connaissance à la portée de tous, passe par un partenariat scientifique avec des institutions chargées de la promotion de la culture, la recherche et la science, a, en outre, mis en avant le secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume.

Cette orientation découle du fait que l’Académie du Royaume est préoccupée par les problématiques présentes et futures de la société, autant qu’elle se préoccupe par la préservation de l’identité marocaine riche et diversifiée aussi bien dans les domaines de la culture, la réflexion, l’art et la musique, a-t-il poursuivi.

Pour sa part, Mme Anne Cheng a indiqué, en guise d’introduction au thème de cette conférence, que ce qu’on peut retenir de l’approche orientaliste de la Chine est généralement «le mythe de la Chine philosophique, construit par la médiation des missionnaires jésuites, et popularisé aux 17ème et 18ème siècles par des philosophes européens du siècle des Lumières, tels que Voltaire et Leibniz».

D’après la chercheuse, ce mythe a été substitué, à partir du milieu du 18ème siècle par celui du «despotisme oriental», introduit par Montesquieu et renforcé par la révolution française, tandis que «le mythe de la Chine philosophique a été rejeté de la philosophie définie par Hegel comme le propre exclusif de l’Europe».

Mme Cheng a, par ailleurs, expliqué que «le mythe de la Chine comme autre radical de l’Europe, se trouve encore aujourd’hui non seulement dans nombre de discours orientalistes, mais aussi dans l’idéologie officielle de la Chine actuelle», faisant savoir que le but de cette rencontre scientifique est de «retracer les déplacements successifs de l’objet «Chine» sur l’échiquier de la géographie intellectuelle ainsi que ses difficultés à se constituer comme sujet agissant de sa propre modernité».

Organisée au siège de l’Académie du Royaume en partenariat avec l’Institut français au Maroc, cette conférence initiant une série d’autres, qui auront lieu au Maroc en coordination avec le Collège de France, a été suivie jeudi par une rencontre scientifique dédiée aux chercheurs universitaires et aux doctorants marocains.

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