Espoirs d’apaisement au Proche-Orient

Les Premiers ministres israélien et palestinien, qui se sont prononcés pour la coexistence pacifique des deux Etats, ont ainsi amorcé l’application de la feuille de route pour la paix au Proche-Orient et entériné le rôle de médiateur principal joué par le Président américain dans le conflit. « Toutes les parties ont pris des engagements importants et les Etats-Unis veilleront à ce qu’ils soient tenus », a dit Bush après avoir rencontré Sharon et Abbas – qui se sont serré la main pour la première fois en public – à l’issue de la réunion dans le port jordanien d’Aqaba, sur la mer Rouge. Dans leurs discours de clôture du sommet, Sharon et Abbas ont dit tous deux se préparer au moment où un Etat israélien et un Etat palestinien vivraient en paix côte à côte. Mais de sérieuses incertitudes persistent, en particulier sur le point de savoir si Abbas sera en mesure de persuader les activistes palestiniens de mettre fin aux attentats qui ont émaillé 32 mois de soulèvement contre l’occupation israélienne. Le Hamas et le Djihad islamique ont ainsi rejeté sans perdre un instant l’appel d’Abbas au désarmement. Aucun d’eux n’a toutefois exclu de nouveaux pourparlers avec le gouvernement palestinien, qui cherche à obtenir un cessez-le-feu des radicaux dans les prochains jours.
Côté israélien, les principales résistances à la mise en oeuvre du plan de paix international pourraient venir des colons après l’annonce de la suppression des implantations illégales. Leurs dirigeants prévoient d’organiser de vastes manifestations et des actes de désobéissance civile pour exprimer leur sentiment de trahison et leur colère envers Sharon. « Il (Sharon) a perdu son autorité. Il s’est trompé de chemin », a affirmé Shaul Goldstein, vice-président du conseil YESHA, qui rassemble différents groupes de colons juifs. La feuille de route du Quartette (Etats-Unis, UE, Onu et Russie) prévoit notamment la création d’un Etat palestinien provisoire fin 2003 et définitif d’ici 2005, ceci après une série de mesures de confiance réciproques incluant un gel des implantations juives.
Bush, qui s’engageait pour la première fois personnellement dans le processus de paix au Proche-Orient, a invité les deux parties à prendre « des mesures immédiates et tangibles pour réaliser cette vision de deux Etats ». Sharon a pris l’engagement de commencer immédiatement à démanteler un nombre indéterminé d’implantations illégales en Cisjordanie. « Je souhaite réaffirmer qu’Israël est un Etat de droit. C’est pourquoi nous allons immédiatement commencer à évacuer les implantations non autorisées », a-t-il dit par allusion à des avant-postes créés illégalement depuis mars 2001.
Le dirigeant israélien a également reconnu que l’Etat palestinien devait être viable, ce qui semble répondre à un appel qu’avait lancé Bush mardi pour qu’Israël fasse en sorte que le futur Etat dispose d’une continuité territoriale. « Nous pouvons également garantir à nos partenaires palestiniens que nous comprenons l’importance d’une continuité territoriale en Cisjordanie pour un Etat palestinien viable, a affirmé Sharon. La communauté internationale juge illégales toutes les colonies créées par Israël sur des territoires conquis durant la guerre des Six-Jours de 1967, ce que conteste l’Etat hébreu.

Steve Holland (Reuters)

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