Établissements pénitentiaires : Les violences entre détenus en nette augmentation

Établissements pénitentiaires : Les violences entre détenus en nette augmentation

36.892 prisonniers en 2017 ont entre 20 et 30 ans contre 31.807 détenus recensés en 2013, soit 5.085 prisonniers de plus pour cette tranche d’âge.

Des villes dans les villes et une population qui s’accroît d’année en année. La surpopulation dans les établissements pénitentiaires est un fait. Pour y parer, la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) tente bien que mal de moderniser les pénitenciers en renforçant les ressources humaines dans ces unités (495 nouveaux fonctionnaires en 2017) et en assurant une qualité de vie plus humaine dans les prisons. Néanmoins, 7.676 cas de violences ont été recensés dans les prisons marocaines en 2017 contre 5.930 cas en 2016, si l’on se réfère au dernier rapport de la DGAPR. En détail, ces violences concernent les agressions des prisonniers contre les fonctionnaires de la DGAPR, les mutilations que les prisonniers s’infligent à eux-mêmes et enfin les violences entre détenus. Il s’avère que les violences entre prisonniers se comptent à 5.181 cas en 2017 contre 3.407 cas d’agressions en 2016. Rien qu’en 2017, le parquet général a reçu 24.522 réclamations contre 22.289 en 2016.

Surpopulation…

En cinq ans (2013-2017), le nombre de détenus a augmenté de 11.097 personnes constituant au total une population de 83.102 personnes à fin 2017. Les contraignables et les condamnés en font la plus grande partie avec 56,34% alors que les détenus en situation préventive représentent 40,66%, à en croire la DGAPR. Sur la même période, le nombre de femmes dans les prisons est passé de 1.699 en 2013 à 1.961 à fin 2017. A la lecture des statistiques de la DGAPR, le taux des femmes dans les établissements pénitentiaires est resté en quasi-stagnation (2,36%) malgré l’augmentation du nombre total des détenus. Dans cette configuration, les hommes sont largement devant (81.141 détenus) en 2017 contre 70.306 prisonniers enregistrés en 2013. Par âge, les jeunes sont les plus concernés. 36.892 prisonniers en 2017 ont entre 20 et 30 ans contre 31.807 détenus recensés en 2013, soit 5.085 prisonniers de plus pour cette tranche d’âge.

En seconde place, les détenus ayant entre 30 et 40 ans sont passés de 20.779 prisonniers en 2013 à 24.816 detenus en 2017, soit plus de 4.037 nouveaux detenus. Les plus de 40 ans se comptaient à 14.435 en 2013 contre 16.277 à fin 2017. Les plus jeunes (moins de 20 ans) ont atteint l’année dernière 5.117 prisonniers contre 4.984 détenus cinq ans auparavant. Par situation pénale, il s’avère que les détenus ayant fait l’objet d’une décision de condamnation irrévocable sont plus nombreux (49.311) que ceux en situation de détention préventive (33.791). Ces derniers sont en augmentation par rapport à l’année 2016 (0,21%). Au fil des ans, la moyenne de la durée de détention par mois est passée de 8,5 en 2013 à 10 en 2017.

Profil des détenus et les peines purgées

Les peines lourdes ne constituent que 1,3% des condamnations. Ainsi, 568 détenus purgent la perpétuité en 2017 (soit 1,15%) et 73 détenus sont dans les couloirs de la mort (0,15%). En se référant aux données de la DGAPR, les condamnés et les contraignables ayant une peine de un à deux ans d’emprisonnement constituent 21,67% de la population carcérale, suivis de près par les détenus de la même catégorie faisant objet d’une peine de 6 mois à une année. Les condamnés et les contraignables poursuivant une peine d’emprisonnement de deux ans à cinq années représentent 21,49%.

En termes de nombre, les condamnés et les contraignables disposant d’un niveau de scolarité ne dépassant pas le primaire représentent 47, 23% des prisonniers en 2017 contre 47,63% en 2016. En seconde position arrivent les prisonniers n’ayant aucun niveau scolaire avec 21,04% en 2017, en baisse par rapport à une année auparavant (24,51% en 2016), suivis des prisonniers ayant le niveau du collège avec 19,43% en 2017 contre 17,80 % en 2016. Dans cette même catégorie, les célibataires constituent 64,39% des prisonniers en 2017 contre 62,82% en 2016. En deuxième place les mariés représentent 31,43% l’année passée contre 32,94% une année auparavant. Les prisonniers divorcés ne se comptent qu’à 3,67% en 2017 contre 3,76% en 2016.

Par profession, les condamnés et les contraignables issus des professions libérales ont atteint 31,52% des prisonniers en 2017 contre 33,18% en 2016, suivis de ceux ayant un métier manuel. Ces derniers représentent 24,93% en 2017 (contre 24,77% en 2016). Dans la même catégorie, les employés et les chômeurs constituent successivement 14,55 et 14,49% des prisonniers (ils étaient 13,71% et 13,33 en 2016).

Le Maroc compte actuellement 77 établissements pénitentiaires répartis en deux maisons centrales, 66 prisons locales, 6 pénitentiers agricoles (semi-ouverts), et 3 centres de réforme et d’éducation. Globalement, les établissements pénitentiaires sont répartis en deux catégories.

D’une part, les prisons locales sont généralement réservées aux détenus soumis à la détention préventive, aux condamnés à de courtes peines et aux contraignables et d’autre part les établissements destinés à recevoir les condamnés. Ces derniers sont les maisons centrales, les pénitenciers agricoles, les prisons locales, les centres de réforme et d’éducation qui sont des unités spécialisées dans la prise en charge des mineurs et des personnes condamnées dont l’âge n’excède pas vingt ans en vue de leur réinsertion sociale.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *