«Fake News» : Le gouvernement s’apprête à sévir

«Fake  News» : Le gouvernement s’apprête à sévir

Un projet de loi est au stade de l’élaboration pour lutter contre la diffusion de fausses informations

Les avis divergent sur la scène médiatique sur l’utilité d’une telle loi sachant que des dispositions sur les fausses nouvelles sont déjà en vigueur dans le cadre du code de la presse et de l’édition.

La décision est, semble-t-il, déjà prise. Plusieurs sources concordantes confirment l’élaboration du gouvernement El Othmani d’un projet de loi contre les «fake news». C’est le ministre de la culture et de la communication qui a pris en charge la confection du nouveau texte prévu pour bientôt. Les mêmes sources expliquent que le projet sera élaboré indépendamment de la loi portant code de la presse et de l’édition. Ce dernier vient d’ailleurs d’être amendé il y a juste quelques semaines dans le cadre d’un Conseil de gouvernement. L’Exécutif avait donc la possibilité d’amender le code de sorte à introduire des nouveautés concernant les «fake news».

Les responsables ont privilégié la piste d’une loi en bonne et due forme pour mettre en place un cadre réglementaire adéquat pour la lutte contre le phénomène des fausses nouvelles, notamment sur les réseaux sociaux, avec des sanctions plus adaptées. Des questions restent cependant en suspens alors que les avis divergent sur la scène médiatique sur l’utilité d’une telle loi sachant que des dispositions sur les fausses nouvelles sont déjà en vigueur dans le cadre du code de la presse et de l’édition à travers l’article 72 du code sanctionnant la diffusion de fausses nouvelles pouvant porter atteinte à l’État et à l’ordre public en plus des articles 106 et 108 destinés à réprimer les fausses nouvelles susceptibles de porter atteinte aux individus.

Les partisants de l’initiative brandissent un argument de taille puisque le code de la presse et de l’édition est théoriquement applicable aux journalistes et professionnels des médias. Le nouveau texte est destiné donc à combler un vide causé par le développement des moyens de communication et la déferlante des réseaux sociaux qui permettent désormais à de nombreuses personnes de diffuser des informations à grande échelle en quelques clics. Il faut dire que les derniers mois ont été marqués par la diffusion de vidéos doublées en arabe dialectal. Ces contenus médias se sont révélés par la suite totalement faux car ils ont été tournés le plus souvent dans des pays lointains. La dernière photo en date montrait un individu tentant de téter la mamelle d’une chienne errante.

L’information véhiculée sur les réseaux sociaux parlait d’un individu souffrant d’un handicap mental dans une région de la province de Tiznit. Dans un communiqué, le ministère de l’intérieur a été contraint de démentir catégoriquement ces allégations  expliquant qu’il s’agit d’une photo prise en dehors du Maroc et avait déjà été publiée dans des journaux et sites électroniques étrangers depuis 2012, notant qu’il s’agit d’une photo qui a été prise en Inde. Auparavant, les autorités avaient également dû effectuer la même démarche après la diffusion à grande échelle d’une vidéo d’une personne battue à mort par un groupe de personnes.

Facebook tente de mettre de l’ordre

Facebook, l’un des réseaux sociaux utilisé dans le monde par des centaines de millions chaque jour, a décidé de faire appel à ses utilisateurs pour lutter contre la désinformation et identifier les sources «fiables». «Il y a beaucoup trop de sensationnalisme, de désinformation et de polarisation dans le monde aujourd’hui », a affirmé le patron de Facebook Mark Zuckerberg sur sa page. «C’est pourquoi il est important que le fil d’actualités (page d’accueil personnalisée de chaque utilisateur, NDLR) mette en avant une information de qualité» et «j’ai demandé à nos équipes de s’assurer que nous donnons la priorité aux informations fiables, (réellement) informatives et locales», a-t-il poursuivi. Concrètement, le patron de Facebook annonce que ses équipes «vont désormais demander aux utilisateurs s’ils connaissent telle ou telle source publiant des informations et, si c’est le cas, s’ils font confiance à cette source. L’idée, c’est que certains médias ne sont considérés comme fiables que par leurs lecteurs ou téléspectateurs, tandis que d’autres bénéficient d’un degré de confiance plus large dans la société, même de la part de ceux qui ne les suivent pas directement ».

«Fake news» : La France se dote d’une loi

Le président français, Emmanuel Macron a annoncé, il y a quelques semaines, qu’un «texte de loi» allait être déposé «prochainement» pour lutter contre les «fake news» sur Internet.

Le chef de l’État français veut ainsi lutter contre ce qu’il a qualifié de «propagande articulée avec des milliers de comptes sur les réseaux sociaux» qui «en un instant répandent partout dans le monde, dans toutes les langues, des bobards inventés pour salir un responsable politique, une personnalité, une figure publique, un journaliste».

Ainsi, «les plates-formes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publique l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent, mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus», a-t-il précisé.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *