Fès : l’affaire qui embarrasse Amnesty

Ali Idrissi Kaitouni, ex-détenu politique et fondateur du "groupe 5" relevant de la section marocaine d’Amnesty International, n’arrive pas encore à "gober" son éviction de cette structure. Le 10 février dernier, une réunion du "groupe 5" avait comme unique point à l’ordre du jour l’éviction de Kaitouni.
Cette éviction, que le premier concerné qualifie d’"illégale", a suscité un élan de solidarité de la part d’intellectuels et de militants associatifs qui entendaient rallier la branche locale de l’ONG. Des pétitions ont été lancées depuis cette date et une intervention de la direction générale d’Amnesty Maroc devait rétablir les choses. Ali Idrissi Kaitouni, comme il l’affirme lui-même, a eu l’assurance des deux premiers responsables nationaux de l’ONG, Mohamed Sektaoui et Omar Ben Omar en l’occurrence, que "personne ne peut l’évincer".
Sauf que la situation n’a pas évoluée en faveur de l’intéressé. Résultat, à en croire Ali Idrissi Kaitouni, ce sont des militants potentiels qui se trouvent éloignés par la force des choses au profit d’un lobby obscurantiste-affairiste qui cherche à mettre la main sur le "groupe 5" fondé par l’intéressé en 1994. Il fait référence au Centre des droits des gens (CDG), mais aussi à la mouvance islamiste à Fès, dont des membres ont, à maintes reprises, cherché à saboter les activités d’Amnesty International-Maroc. Récemment, ce sont de jeunes islamistes qui ont empêché par la force la tenue d’une activité de l’ONG à l’université Sidi Mohammed Ben Abdellah.
Pour Ali Idrissi Kaitouni, le courage  et l’honnêteté intellectuelle voudraient que les choses soient clarifiées car, selon lui, on ne peut être contre les droits des femmes, pour la peine de mort, par exemple, et prétendre militer au sein d’Amnesty International. C’est dans ce sens qu’il a eu l’audace de s’opposer au ralliement de figures islamistes connues à Fès et qui se recrutent, pour la majorité, parmi le corps enseignant. Ces derniers, affirment-ils, ont même réussi à détourner les clubs des droits de l’Homme mis en place dans des établissements scolaires suite à une convention avec le ministère de Habib El Malki.
Résultat de tout ce blocage, c’est le lancement d’ambitieux projets de l’ONG qui coince. C’est le cas, entre autres, de la mise en place d’un "groupe central" à Fès dont la constitution devait se faire le 24 février dernier. Projet abandonné depuis la mise à l’écart de Ali Idrissi Kaitouni et les conséquences   qui en ont découlé.
C’est encore ce problème qui risque de s’inviter au congrès national d’Amnesty-Maroc prévu initialement le 26 avril 2006. En dernier recours, Ali Idrissi Kaitouni a fini par saisir le secrétariat international d’Amnesty (sis à Londres). Ce dernier aurait d’ailleurs, à son tour, demandé des éclaircissements à la direction générale d’Amnesy-Maroc.  Contactée par ALM, cette dernière s’était refusée à tout commentaire. Mohamed Sektaoui, directeur-général de l’ONG, est resté injoignable.Ali Idrissi Kaitouni, libéré après de longues années de détention politique, a créé en 1994 le "groupe 5" en compagnie d’autres militants comme Abdelaziz Nouidi. Aujourd’hui, Amnesy-Maroc à Fès, à l’en croire, se trouve débordée par les islamistes et les "affairistes".

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