Finances : les grèves rattrapent Oualalou

Une autre grève de 24 heures, la première depuis la rentrée sociale, sera observée ce mardi 31 octobre 2006 à l’appel du syndicat national des finances affilié à la CDT (Confédération démocratique du travail). Selon le secrétaire général de ce syndicat, le conseiller Mohamed Daïdaâ, ce mouvement de grève intervient pour protester contre les nouvelles mesures gouvernementales en ce qui concerne la promotion des fonctionnaires du public et le système de notation et d’évaluation. Pour ce syndicaliste, ces mesures risquent d’instaurer de «graves lacunes" et une "promotion interne au goutte-à-goutte». «Au lieu d’édicter de telles mesures, il faut s’atteler à une vraie réforme administrative», conclut Mohamed Daïdaâ qui, au passage, ironise à propos du critère "créativité" retenu sur la fiche de notation et d’évaluation des fonctionnaires. «Comment demander à un simple fonctionnaire voué à des tâches routinières d’être créatif ? Notre système administratif le permet-il d’ailleurs ?», s’interroge le patron du syndicat le plus représentatif aux finances.
Pour M. Daïdaâ, la grève de mardi interviendra à titre préventif puisque, déclare-t-il, un autre débrayage de 48 pourrait suivre en coordination avec les autres syndicats et avec la "bénédiction" de syndicats d’autres secteurs de la fonction publique.
Seul le syndicat des finances relevant de la FDT s’est désolidarisé, officiellement et via un communiqué diffusé jeudi dernier, de cette grève. Pour Larbi Habchi, patron de ce syndicat, ce sont les centrales syndicales qui devraient décider de la suite à donner aux décisions gouvernementales, puisqu’il ne s’agit pas de quelques revendications à caractère sectoriel. D’après lui, les syndicats des finances feraient mieux de travailler en commun pour faire aboutir des revendications propres au secteur et notamment en ce qui concerne les primes, les oeuvres sociales, les mutations "abusives" et le redéploiement.
D’ailleurs, le communiqué de la FDT taxe, en des termes à peine voilés, les initiateurs de la grève de mardi de "populistes" qui profitent des revendications légitimes des fonctionnaires à des «fins personnelles qui ne servent pas les intérêts des catégories du personnel du ministère des Finances et de la Privatisation».
«Il est normal qu’ils tiennent ce genre de discours puisqu’ils sont politiquement responsables et que lesdites mesures ont été décidées par un gouvernement où siègent leurs amis et camarades», réplique Mohamed Daïdaâ en réponse aux "accusations" de la FDT.
Le 28 juillet dernier, le ministre de la Modernisation des secteurs publics avait signé une décision (publiée au Bulletin officiel du 31 août 2006) relative à un système de notation et d’évaluation du personnel de la fonction publique. Parmi les critères retenus par ce système figurent la "créativité", la "prise d’initiative", mais aussi les "objectifs" tracés au fonctionnaire en question et les "moyens" mis à sa disposition pour l’accomplissement de sa mission. C’est de ce système que dépend la promotion, ou non, de tout fonctionnaire. Pour les syndicalistes, c’est la fin, en fait, de la catégorie des fonctionnaires "promouvables".

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