France-Afrique : Partenariat et réconciliations

Durant cinq jours, du 19 au 23 février 2003, les chefs d’Etat et de gouvernement de France et d’Afrique débattront de la thématique du partenariat franco-africain. Le Sommet de Paris fait suite à celui de Yaoundé en janvier 2001, la règle voulant que la rencontre se tienne alternativement en Afrique et en France, tous les deux ans.
Le thème central retenu pour ces assises franco-africaines, dont l’origine remonte à la francophonie, aujourd’hui élargie aux pays lusophones, s’articulent autour du nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). La thématique sera liée aux aspects de la paix, de la sécurité, de la prévention des conflits, notamment armés, et à la bonne gouvernance dans les pays africains.
La rencontre de Paris représente, en quelque sorte, le prélude d’une coopération plus élargie à l’Europe et au monde. En effet, elle représente une première mobilisation dans la perspective de la tenue, en avril prochain, du Sommet euro-africain à Lisbonne, et du G8 d’Evian, en juin 2003. Les trois sommets ont retenu la question du nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique comme thème central.
C’est dire l’intérêt du monde industrialisé pour le continent africain. Autant dire les problèmes, liés au développement économique, social et politique, auxquels les Africains font encore face, à côté de la pandémie du SIDA qui ravage les pays subsahariens. La tâche d’apporter des solutions réalistes ne sera pas de tout repos, face aux manques de moyens et du surendettement.
Le Maroc, qui sera représenté par S.M. le Roi Mohammed VI, ne manquera pas d’apporter une contribution substantielle ne serait-ce que sur le plan des propositions et des prises de positions.
Déjà au sommet du Caire, le Souverain avait décidé d’annuler « la dette des pays africains les moins avancés envers le Maroc et la levée des barrières douanières devant leurs produits pour leur permettre d’accéder au marché marocain ».
Ces décisions traduisent la volonté du Maroc, dans un élan de solidarité africaine, d’apporter sa pierre au soulagement des pays et des populations africains qui luttent encore contre le sous-développement multiforme. Le Sommet est aussi l’occasion privilégiée pour tenter de rapprocher les pays qui ont des différends. Des réunions informelles se tiennent en marge de ces assises pour favoriser les retrouvailles. Dans ce cadre, les observateurs politiques sont presque unanimes à prédire une rencontre entre S.M. le Roi Mohammed VI et le président Abdellaziz Bouteflika. Bien des rumeurs avaient circulé avant et fixaient la date de la tenue du Sommet franco-africain pour les retrouvailles maroco-algériennes.
D’ailleurs, presque toutes les sorties médiatiques du ministre algérien des Affaires étrangères, sur les questions maghrébines, posaient la question de la rencontre des deux dirigeants comme une ébauche de solutions aux dossiers en souffrance entre Alger et Rabat. De même, tant la presse algérienne que française et marocaine avaient évoqué une éventuelle médiation du président Chirac pour transcender les divergences entre l’Algérie et le Maroc, tout particulièrement l’épineux problème du Sahara marocain.
Tout porte à croire que la diplomatie souterraine a fait son chemin. D’ailleurs, le président français, en recevant le président Bouteflika dernièrement, aurait déjà tâté le terrain pour faire avancer la bonne cause. Celle de faire renouer les rapports entre deux pays amis condamnés à s’entendre et à s’unir, en cette veille de globalisation galopante.

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