France : Le premier mariage homosexuel annulé

La Cour de cassation, la plus haute juridiction française, a annulé définitivement, mardi, le premier mariage homosexuel célébré en France. C’est un sujet qui divise la société et la classe politique.
«Selon la loi française, le mariage est l’union d’un homme et d’une femme», a estimé la Cour de cassation dans son arrêt, rejetant le pourvoi déposé par Stéphane Chapin, 36 ans, et Bertrand Charpentier, 33 ans.
Leur mariage avait été célébré en 2004 à Bègles (sud-ouest), mais annulé ensuite par la justice en première instance, puis en appel en 2005.
Lors de l’audience du vendredi 9 mars, l’avocat général, Marc Domingo, avait déclaré qu’il revenait au législateur plutôt qu’au juge de se prononcer sur cette question de société.
Les avocates des "mariés" ont fait part de "la déception" de leurs clients. Ces derniers veulent, à présent, saisir la Cour européenne des droits de l’Homme.
Alors que la Cour de cassation a également jugé illégale, le 20 février, l’adoption au sein de couples homosexuels, ces avocats ont estimé que la justice était en retard sur "les avancées de la société".
Le député-maire de Bègles, Noël Mamère (Verts), qui avait été suspendu un mois de ses fonctions de maire pour avoir célébré ce mariage, a souligné qu’on «ne pouvait pas s’attendre à ce que la Cour de cassation, en pleine campagne présidentielle, prenne le risque d’ouvrir le débat».
Nicolas Sarkozy, favori de la droite pour la présidentielle, s’est prononcé contre le mariage homosexuel, alors que la candidate socialiste Ségolène Royal, d’abord réticente, s’est rangée aux positions de son parti, qui y est  favorable ainsi qu’à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels.
Les homosexuels peuvent conclure, comme les couples non mariés, une union civile (PACS) qui ne permet toutefois pas l’adoption.
Un Français sur deux est favorable au mariage homosexuel, mais une majorité (54%) est contre l’adoption d’enfants par les couples homosexuels, avait montré un sondage il y a trois mois.
Le "mariage" de Bègles avait été largement médiatisé en France. Loin de cette effervescence, les deux hommes viennent d’être condamnés à huit mois de prison avec sursis pour avoir volé des chèques à une retraitée avant leur union.
Le jour même de l’annulation de ce premier mariage homosexuel en France, le Pape Benoît XVI a publié sa première "exhortation apostolique", un texte doctrinal. Il y décrit ses recommandations, qui ont valeur d’obligation et reprennent pour  l’essentiel les propositions d’un synode (assemblée) des évêques du monde entier réunis en octobre 2005 au Vatican. Benoît XVI y adresse un ferme avertissement aux "hommes politiques et législateurs catholiques" pour qu’ils s’abstiennent de voter des lois autorisant les unions homosexuelles, mais aussi l’avortement et l’euthanasie.
Pour l’Eglise catholique, certaines valeurs «ne sont pas négociables», affirme-t-elle, une nouvelle fois : «famille fondée sur le mariage entre homme et  femme», «respect et défense de la vie humaine de sa  conception à sa fin naturelle», «liberté d’éducation des enfants», «promotion du bien commun sous toutes ses formes».

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