GB : Blair se donne un nouveau répit

La presse était unanime mercredi à saluer le dernier discours de Tony Blair lors du congrès travailliste tenu à Manchester. Le défi à relever pour son successeur présumé Gordon Brown est devenu plus important.
C’était « le discours de sa vie », affirmait "The Sun", le journal populaire le plus lu du pays. « Un tour de force », admettait "The Independent". « Le chant du cygne de Tony Blair montre que cela va être dur de marcher sur ses traces », titrait l’éditorial du "Daily Telegraph" (conservateur), en phase avec le Times, selon lequel « c’était l’une des meilleurs performances dont on puisse se souvenir de la part d’un dirigeant travailliste, et de nombreux délégués se sont demandés pourquoi il partait ». Et pour le Guardian, ce discours durant lequel Tony Blair a défendu son bilan et insisté auprès des travaillistes pour qu’ils travaillent unis à une quatrième victoire électorale, « l’a fait entrer dans l’histoire ». Tony Blair, 53 ans, semble en tout cas s’être donné un peu de temps. Il a fait comprendre, en détaillant ses objectifs à venir, qu’il n’était pas pressé de concrétiser un départ qui doit intervenir d’ici à septembre 2007. D’ici là, M. Blair a expliqué qu’il entendait notamment « se consacrer à faire avancer le processus de paix entre Israël et la Palestine ». « C’est un programme très important. Cela suggère qu’il ne parle pas de quelques semaines », a souligné mercredi le ministre de l’Education Alan Johnson. Il a également estimé sur la BBC que la pression avait été levée à Manchester pour que Tony Blair précise exactement la date de son départ.
«Les gens ne vont pas pousser Tony à (fixer) une date», a-t-il ajouté, ajoutant que l’échéance d’un an était suffisante. Gordon Brown qui attend de lui succéder depuis des années à la tête du parti (ce qui en ferait automatiquement le Premier ministre jusqu’aux élections législatives de 2009) devra donc probablement encore ronger son frein quelques mois, possiblement jusqu’en mai, quand M. Blair aura passé dix ans au pouvoir. L’attente est pour lui périlleuse. Son discours lundi, où il a cherché à convaincre les travaillistes qu’il était leur avenir, a rassuré, mais suscité peu d’enthousiasme, et souffert de la comparaison avec celui de Tony Blair.
M. Blair a salué en lui un "homme remarquable", mais ne l’a pas adoubé comme successeur. Les sondages le donnent pour l’instant perdant s’il doit se mesurer en 2009 à David Cameron, le jeune modernisateur du parti conservateur.  Et sitôt passé le discours de Tony Blair, les questions ont repris sur sa personnalité, et sa capacité à reprendre le flambeau. « Il y a un gouvernement, un agenda et deux hommes. Je ne pense pas que cela soit un problème», a déclaré le ministre de l’Environnement David Miliband, qui soutient M.Brown, en estimant que le discours de Tony Blair augurait d’une passation de pouvoirs fluide. Mais le ministre à l’Irlande du Nord Peter Hain a fait comprendre à Gordon Brown qu’il devrait changer de style s’il devenait Premier ministre.
«Quand vous êtes Chancelier (ministre des Finances) vous dites habituellement "non" aux gens, vous tenez les cordons de la bourse». «Si vous êtes Premier ministre (…) vous ne pouvez pas opérer en solitaire, cela ne marche pas», a-t-il expliqué lors des nombreuses discussions organisées en marge du Congrès, qui s’achève ce jeudi. Mercredi, l’intervention la plus attendue était celle de l’ancien président américain Bill Clinton.

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