GB : Tony Blair sur la sellette

Le gouvernement britannique de Tony Blair aborde les élections locales de jeudi à bout de souffle, avec une accumulation de faux-pas politiques et personnels et un taux d’approbation en chute libre.
Les deux tiers des électeurs désavouent le Premier ministre tandis que trois ministres de premier plan étaient dimanche au bord de la démission. Tony Blair préfèrerait prendre l’initiative d’un remaniement profond, qui pourrait intervenir dès la fin de la semaine. Le chef du gouvernement est toujours combatif, mais sa cote de popularité est au plus bas depuis son arrivée au pouvoir il y a neuf ans, avec 33% de satisfaits contre 64% d’opinions défavorables selon un sondage YouGov pour l’hebdomadaire Sunday Times.
Son parti de centre-gauche, le Labour, est lui-même jugé «douteux et incompétent» par 57% des personnes interrogées pour la même étude.
Les experts soulignent que les élections intermédiaires sont toujours difficiles pour un gouvernement, a fortiori après une longue période au pouvoir. Mais les mauvaises nouvelles se sont accumulées cette semaine pour compliquer encore la donne.
Le ministre de l’Intérieur, Charles Clarke, a admis qu’un millier de détenus étrangers n’avaient pas été expulsés à la fin de leur peine comme ils auraient normalement dû l’être. Plusieurs, dont un violeur, ont depuis récidivé. Le ministre de la Santé, Patricia Hewitt, a dû quitter sous les huées la tribune d’un congrès d’infirmières, sans parvenir à finir son discours défendant une énième réforme du système public de santé. La presse populaire se déchaîne sur la liaison entre le vice-Premier  ministre, John Prescott, marié depuis 44 ans, et l’une de ses secrétaires. M.Clarke fait l’objet d’appels de plus en plus insistants à démissionner. Sa position étant jugée «intenable» par les conservateurs et M. Blair semblant désormais lui mesurer son soutien. Les deux autres ministres ne sont pas épargnés. La ministre de la Culture, Tessa Jowell, n’a pu faire autrement qu’admettre «une période éprouvante» pour l’équipe Blair. Elle-même avait eu son lot d’ennuis, il y a quelques semaines, quand le nom de son mari était apparu dans l’un des procès pour corruption intentés contre Silvio Berlusconi, le président du Conseil italien sortant.
Moins charitable, le chef de l’opposition, David Cameron, a exhorté dimanche les électeurs à mesurer «la perte terminale d’autorité de Tony Blair». Le Premier ministre tente pourtant de faire bonne figure, comme d’habitude. «Dans ce métier,» a-t-il dit à la BBC, «tout problème est une crise, toute  difficulté est une catastrophe (…). Il faut travailler, et encore travailler».
Les élections de jeudi, qui doivent renouveler 176 conseils municipaux ou locaux d’Angleterre, paraissent bien mal engagées pour la majorité.
Les sondages placent le Labour en seconde position, avec de 5 à 10 points de moins qu’il y a un an, à la veille de sa troisième victoire consécutive aux élections législatives. Au-delà, se profile à nouveau l’interrogation préférée de la presse  politique britannique : quand Tony Blair passera-t-il la main à son dauphin présumé, le ministre des Finances Gordon Brown ? Un mauvais résultat aux élections locales pourrait accélérer cette transition au 10 Downing street.

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