Golfe : L’appel à la cotation en bourse

« A partir du moment où les entreprises familiales contrôlent 95% de l’activité commerciale dans les monarchies du Golfe (…), qu’adviendrait-il de l’économie régionale et de la main-d’oeuvre si ces entreprises venaient à affronter des difficultés? », s’est interrogé un haut responsable de la « Gulf International Bank », Salmane Deghaithar.
M. Deghaithar, qui a présenté une étude sur les entreprises familiales au premier forum sur les marchés financiers organisé la semaine dernière à Manama, a ajouté que ces entreprises devaient « penser dès maintenant, dans le calme, à leur mutation, qui, si elle intervient sous la pression des problèmes, leur fera perdre leur crédibilité auprès des banques et des marchés financiers ».
En revanche, en optant pour une cotation en Bourse, « elles accélèreront leur développement (…) car elles auront plus de facilités à obtenir des prêts bancaires pour financer l’élargissement de leurs activités ». « Les banques font plus confiance aux sociétés cotées en Bourse qu’aux entreprises familiales, dont les décisions relèvent de quelques personnes », a-t-il expliqué, soulignant « l’importance de la publication des résultats financiers et du budget d’une entreprise pour sa crédibilité sur le marché ».
« Les chefs de certaines entreprises familiales, hostiles depuis des années à cette idée, ont commencé à envisager sérieusement cette option », a ajouté M. Deghaithar. Cette analyse est en partie partagée par le président de la Chambre du commerce et d’industrie de Bahrein, Khaled Kanoo, qui estime cependant que les entreprises familiales « ne ressentent pas le besoin de se transformer en sociétés par actions ». « Certaines sociétés anonymes se transforment en sociétés par actions, mais dans un cadre très restreint », car « tant que leurs activités se passent bien, elles ne voient pas la nécessité de se transformer et de partager leur richesse », a-t-il déclaré à l’AFP.
M. Kanoo, l’un des responsables du groupe Youssef Bin Ahmad Kanoo, l’une des plus anciennes entreprises commerciales familiales dans le Golfe, qui est très active à Bahrein, en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, reconnaît qu’il est « plus facile » de résoudre les problèmes dans les sociétés à capital mixte que dans les entreprises familiales « en raison des complications des rapports familiaux ». En outre, ces entreprises seront amenées à faire acte de transparence dans leurs activités en rendant notamment publics leur capital et leurs profits, « car les lois vont désormais les obliger à le faire », a-t-il dit. Il a cependant affirmé que son entreprise n’allait pas changer de statut de sitôt, car « le groupe est puissant et ses opérations se déroulent de la meilleure façon ».
Selon lui, ces entreprises peuvent cependant « commencer par ouvrir partiellement » leurs activités à d’autres actionnaires pour mieux s’adapter aux exigences du marché. « Les lois et les règlements locaux et internationaux exigent désormais une transparence financière » dans les activités des entreprises, a, pour sa part, averti un responsable de la Banque centrale de Bahrein sous couvert de l’anonymat.

• Mohamed Fadhel (AFP)

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