Grève : Taux de participation de 83% dans l’administration, selon les syndicats

Grève : Taux de participation de 83% dans l’administration, selon les syndicats

Il aurait atteint les 94% dans les collectivités territoriales et 73% dans les ministères

Pour les syndicats, la bataille ne fait que commencer. Les centrales prévoient d’autres mesures de protestation qui vont aller crescendo jusqu’au mois d’octobre prochain. Au programme, d’autres grèves sectorielles, des marches nocturnes pendant le mois de Ramadan ainsi que des procès symboliques pour l’Exécutif.

Pour les syndicats, la grève du mardi est une parfaite réussite. Les quatre centrales syndicales qui avaient appelé à la grève le 31 mai ont affirmé que le mouvement de débrayage a été suivi par la majorité des fonctionnaires dans l’administration publique et les collectivités locales.

Selon un communiqué conjoint publié par l’Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT), la Fédération démocratique du travail (FDT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et le Syndicat de l’enseignement supérieur (SNESup -Maroc), le taux de participation dans les ministères et les administrations publiques a été respectivement de 73 et 83% alors que la grève a été suivie par 94% des fonctionnaires des collectivités locales. Selon la même source, la participation a même atteint les 100% dans certaines collectivités notamment à Casablanca, Rabat, Oujda, Al Hoceima et Béni Mellal. «Nous espérons que le gouvernement a bien compris la leçon pour revenir à la table des négociations  et rouvrir les négociations sur les dossiers revendicatifs avec le sérieux et l’esprit de responsabilité nécessaires», disent les syndicats. «Les syndicats félicitent tous les fonctionnaires pour leur degré d’implication et demandent à tous de maintenir le même degré de mobilisation afin de défendre leurs acquis et revendications», ajoute la même source. Car pour les syndicats, la bataille ne fait que commencer.

Les centrales prévoient d’autres mesures de protestation qui vont aller crescendo jusqu’au mois d’octobre prochain. Au programme, d’autres grèves sectorielles, des marches nocturnes pendant le mois de Ramadan ainsi que des procès symboliques pour l’Exécutif. Ce dernier est accusé par les syndicats de vouloir adopter coûte que coûte la réforme controversée du régime civil des pensions de retraite pour l’administration publique. Une réforme rejetée en bloc par les syndicats en raison des mesures paramétriques proposées, notamment le rallongement de l’âge légal de départ à la retraite dans la fonction publique à 62 ans, la hausse des cotisations et la baisse des pensions.
De son côté, le gouvernement reste déterminé à défendre la réforme jusqu’au bout. Les projets de loi y afférents sont aujourd’hui discutés au Parlement. Un débat parlementaire aux allures d’un bras de fer entre les syndicats soutenus par une partie de l’opposition parlementaire et le gouvernement épaulé par sa majorité. C’est la raison pour laquelle lesdits projets n’ont pas beaucoup évolué après plus de trois mois.

L’échec des négociations du dialogue social a rendu la situation encore plus tendue. Après plusieurs rounds, les partenaires sociaux n’ont pas pu aboutir à un accord final. Sur ce point également, syndicats et gouvernement se rejettent la responsabilité de l’échec des pourparlers. Pour les premiers, l’Exécutif ne fait que manœuvrer pour gagner du temps alors que le second accuse les centrales de s’accrocher à des revendications irréalistes vu la situation des finances publiques.
La tension risque de s’exacerber au cours des prochains mois entre les deux parties avec le risque de voir la confrontation influer sur le cours de la prochaine campagne électorale prévue en septembre. La majorité parlementaire et le gouvernement restent pourtant, très sereins et comptent jouer le tout pour le tout dans les prochaines semaines. Reste à savoir que le dossier de la réforme des retraites aura un coût politique, notamment pour le Parti de la justice et du développement (PJD) et son secrétaire général et actuel chef de gouvernement, Abdel-Ilah Benkiran.

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