Guerre des communiqués

Guerre des communiqués

D’accord ou pas d’accord ? C’est la question que l’opinion publique se pose quant au déroulement des concertations entre le chef de gouvernement Abdelilah Benkirane et le président du RNI, Salaheddine Mezouar. Alors qu’elle attendait plutôt un communiqué officialisant les accords finaux entre les deux partis, la scène politique et médiatique a eu droit à deux communiqués des deux hommes qui sont venus coup sur coup raviver le scepticisme sur les négociations entre le PJD et le RNI.

Le président de ce dernier a critiqué dans un communiqué diffusé aux médias le «déchaînement» d’un quotidien arabophone présenté souvent comme proche de certaines figures du parti de la lampe.
Dans ce document, le numéro un du parti de la colombe dénonce de la part du même journal «des jugements infamants et provocateurs et des informations non sourcées et infondées». Salaheddine Mezouar a également affirmé que «le RNI ne cèdera à aucune pression», soulignant que le parti ne peut travailler qu’au sein d’un gouvernement qui «respecte ses composantes et adhère à ses priorités et met l’intérêt du citoyen au-dessus de toute considération étriquée».

Sentant que son partenaire pour la formation d’une nouvelle majorité était très en colère, le chef de gouvernement s’est, à son tour, fendu d’un communiqué quelques heures plus tard comme pour rejeter toute responsabilité de ce qui s’écrit et se dit dans certains journaux et sites électroniques d’information.

Le numéro un de l’Exécutif a ainsi qualifié d’«incorrectes» les informations relayées par certains journaux et sites électroniques au sujet de ses pourparlers avec M. Mezouar. Les six rencontres tenues avec le président du RNI se sont déroulées dans «un climat cordial», relève le communiqué du chef de gouvernement. M. Benkirane a surtout insisté dans son communiqué sur le fait «qu’aucune partie n’est intervenue pour orienter ou freiner les négociations en vue d’une éventuelle entrée du RNI à la majorité gouvernementale».

En dépit du communiqué du chef de gouvernement, on peut d’ores et déjà dire que le mal est déjà fait. Les responsables du RNI semblent très en colère, chose qu’ils ont voulu afficher après le communiqué de leur président. Contacté par ALM, une source très bien renseignée au sein du RNI n’y est pas allée par quatre chemins.
«A travers une campagne de diffamation, ils cherchent à faire plier les responsables du RNI. Mais ils n’y arriveront jamais», explique notre source, ajoutant que rien n’est encore décidé. S’agit-il d’un retour à la case départ ? En tout cas les rumeurs sur les noms des entrants et des sortants du gouvernement continuent d’alimenter les colonnes des journaux et de la presse On line. Mais ces incidents démontrent de nouveau que les négociations restent très difficiles et les premiers résultats encore beaucoup fragiles pour être définitifs. L’avenir cache probablement d’autres surprises.

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