Histoire d’en rire : Double You, Bush

George W. Bush a dit samedi soir à la presse ce qu’il pensait vraiment d’elle, mais aussi un peu de lui-même, utilisant un double pour se parodier en président égrillard et incapable d’articuler un mot de cinq syllabes.
Le moment venu de prendre la parole au dîner annuel très mondain donné par l’association des correspondants de la Maison- Blanche, M.Bush est apparu un  côté de l’imitateur Steve Bridges, grimmé en autre George W. et voix pour un  soir de la pensée profonde du président américain.
"Me revoilà à un de ces dîners (…) Faisons semblant d’être content",  traduisait son double, se lamentant de n’être pas encore au lit, tandis que M.Bush, réputé pour être un couche-tôt, commençait son discours par les formalités de rigueur pour les plus de 2.000 journalistes, personnalités du spectacle, de la politique, du sport…
Le subconscient de M.Bush, connu pour sa syntaxe erratique : "Ces médias me tapent sur le système à toujours essayer de me mettre dans l’embarras en ne corrigeant pas ce que je dis". M.Bush : "C’est un très grand plaisir pour moi, comme pour Laura", Mme Bush. Le subsconscient de M.Bush : "Elle est chaude, très caliente" (M.Bush aime parler espagnol).  L’auto-dérision est quasiment imposée à M.Bush au dîner des journalistes, qu’il n’a jamais manqué depuis son élection. Il pratique les professionnels des médias à longueur d’année et veut donner ce soir-là une autre image que celle d’un président hostile à la presse de Washington, qui le lui rend plutôt bien. Les tabous de l’une des administrations les plus secrètes sont brisés, ou presque. M.Bush ou son double plaisante de l’accident du vice-président Dick Cheney, qui a déchargé son fusil sur un compagnon de chasse au début de l’année et fait soupçonner une tentative d’étouffer l’affaire.
Oui, M.Cheney avait trop bu. Non, M.Bush n’a pas été au courant avant le lendemain, quand il a consulté la liste des personnes recherchées.
Le double de M. Bush a eu beau se mettre trois fois en bouche "non-prolifération", l’élocution lamentable du président en a fait de la bouillie, comme de l’AIEA (l’Agence internationale de l’énergie atomique) qui, avec les activités nucléaires iraniennes, occupe pourtant son esprit.
Car M.Bush, connu pour des pléonasmes plus authentiques,"continue à promouvoir notre programme à travers le monde, et même internationalement".
C’est à ce titre qu’il s’est rendu en Chine. Là, devant la Grande muraille, se prenant pour Ronald Reagan apostrophant Mikhail Gorbatchev en 1987 devant le mur de Berlin, il a lancé à son homologue chinois au nom imprononçable lui aussi : "Monsieur le président, faites tomber ce mur. Vous auriez dû voir sa tête". La muraille est toujours debout, mais M.Bush se sentait "guilleret" samedi soir, car il "avait échappé au remaniement" de son propre cabinet.
L’espace d’un soir, M.Bush s’est réconcilié avec la presse de Washington qui a salué sa performance et celle de son partenaire avant de le livrer à l’humour féroce de l’humoriste Stephen Colbert. À la fin de son show, M.Bush a repris quelques instants son sérieux pour demander à Dieu de bénir les soldats en Irak et l’Amérique.

• Laurent Lozano (AFP)

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