Humiliée, une frange de la corporation tente de défendre l’indéfendable

Humiliée, une frange de la corporation tente de défendre l’indéfendable

L’opinion publique et, avec, une large frange du micro-cosme médiatique français sont encore sous le choc produit par la découverte de la face cachée du journa-lisme dans l’Hexagone. L’af-faire des deux journalistes Eric Laurent et Catherine Graciet arrêtés en flagrant délit de chantage et tenta-tive d’extorsion de fonds au Maroc a permis en tout cas de mettre à nu ce que l’on soupçonnait depuis long-temps, à savoir des pra-tiques malsaines à travers lesquelles sont orchestrées les campagnes acharnées et virulentes contre le Maroc que l’on voit surgir dans les médias français de manière épi-sodique.

Chez certains mêmes, l’am-pleur du choc est telle qu’ils refusent d’y croire encore et tentent désespérément de défendre l’indéfendable. Indéfendable, la position des deux journalistes Eric Lau-rent et Catherine Graciet l’est assurément parce que tout simplement les faits sont avérés avec preuves matérielles et irréfutables à l’appui : Film, enregistre-ments audio, lettre manus-crite et, objet du délit, des enveloppes contenant des sommes devant être des avances. Tous les éléments rassemblés par la police et le parquet parisiens éta-blissent un flagrant délit qui ne fait pas l’ombre d’un doute sauf pour ceux qui ne veulent pas le voir.

Dans une première caté-gorie de médias, on pour-rait parler de ces journaux ou chaînes qui se sont étonnamment limités à une couverture minimalistes au moment où d’autres affaires bien moins graves ont toujours eu droit à des traitements bien plus larges.D’autres sup-ports ont pré-féré s’aligner sur la défense en tentant de déplacer le débat sur le terrain de l’éditorial, voire carré-ment de poli-tiser l’affaire. Certains d’entre eux ont ainsi essayé de retourner la situation pour mettre les deux journalistes Eric Lau-rent et Catherine Graciet dans une position de victime en évoquant le coup monté, le passif lourd des deux avec le Maroc, à cause de leurs précédentes publications. D’autres encore se disent être étonnés par le profes-sionnalisme et la diligence es autorités judiciaires et la police françaises qu’ils qualifient de zélées pour avoir mené l’enquête avec sérieux.

Décidément, on aura tout vu et entendu dans ce naufrage collectif. Mais  la palme d’or revient incontestablement à cet ancien de l’agence officielle française, AFP, qui a joué au contorsionniste intellectuel sur un plateau télévisé en s’interrogeant si finalement le Maroc n’aurait pas agi pour désamorcer la bombe que représentaient les révé-lations contenues dans le prétendu livre que prépa-raient les deux journalistes. On peut comprendre que ’amertume et le sentiment d’humiliation de la corpo-ration en France puissent pousser certains à vouloir justifier l’injustifiable et de chercher des éléments de défense. Mais en homme de droit avisé, l’avocat Eric Dupond-Moretti apporte une réponse qui suffit pour balayer toutes ces gesticu-lations.

Interviewé par une radio française, l’avocat s’est étonné comment dans une telle affaire, où les faits sont avérés avec une situation de flagrant délit, certains esprits vont à des questions subsidiaires en ignorant le fait principal objet du délit, à savoir le chantage et la tentative d’extorsion de fonds.Même le ministre des affaires étrangères fran-çais, Laurent Fabius, ne semble pas non plus enclin à se laisser convaincre face aux preuves accablantes. Interrogé par Europe 1 et I-Télé, le ministre a déclaré qu’il s’agissait là «d’une affaire de droit commun» apportant ainsi une réponse à ceux qui, dans certains milieux français, tentent de donner une connotation politique à l’affaire et de blanchir les deux journa-listes en les «victimisant». Décidément…

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