IER : Qui veut faire chanter Benzekri ?

Un groupe d’ex-collaborateurs de l’IER (Instance Equité et Réconciliation) tient aujourd’hui une conférence de presse au siège du SNPM pour dévoiler ce qu’ils considèrent comme étant de graves «abus» de la part du président Benzekri et son équipe.
Se prénommant «Groupe des victimes de l’IER», ces derniers promettent d’ailleurs une sorte de «livre blanc» recensant les «dépassements» de l’instance dont le mandat a été prolongé officiellement, lundi dernier, à fin novembre prochain.
Qu’en est-il au juste ? Ne s’agirait-il pas plutôt d’une affaire de gros sous comme le laissent supposer plusieurs documents dont le texte de la plainte a été déposé récemment devant le tribunal de première instance de Rabat.
D’abord, contrairement à ce qui a été avancé auparavant, les plaignants sont au nombre de 9 et non 14, encore nettement moins que les 35 personnes anonymes ayant signé un brûlot anti-IER en mai dernier. Sur les 9 plaignants, détail significatif, l’on recense 4 cadres, 4 opératrices de saisie et une secrétaire affectée auparavant au bureau d’ordre.
Selon des informations recueillies par ALM, toutes les personnes travaillant à l’IER (un total de 158) avaient reçu une lettre les informant de la fin de leurs missions le 4 mars dernier. Décision normale puisque la fin du mandat de l’IER était même prévue pour le 12 avril. Cette dernière, une fois sûre de la prolongation de son mandat, en avait rappelé certains pour les besoins du travail qui restait à accomplir.
L’autre élément entrant en jeu dans la décision de l’IER est que, hormis les membres nommés par Sa Majesté le Roi, tous les salariés de l’IER sont des vacataires engagés comme tels en vertu de contrats d’une durée de 3 mois renouvelables dans la majorité des cas. Selon la législation, l’employeur a, dans ce cas, le droit de reconduire ce contrat ou de mettre fin à toute collaboration. Dans ce cas de figure, c’était le président Benzekri qui tranchait selon les prérogatives qui sont les siennes.
Dans ce cas de figure également, il ne saurait être question de parler de congés. Plus édifiants encore sont les montants des salaires et des indemnités octroyés à cette catégorie de collaborateurs. Un « Bac+4 », par exemple, reçoit un salaire de 7.500 DH dont 1.500 (1.000 et 500) au titre d’heures supplémentaires et d’indemnité de transport. Ces mêmes indemnités sont versées aux secrétaires.
Une affaire de gros sous ? Tout pense à y croire quand on sait par exemple que le meneur du «Groupe des victimes de l’IER», l’ex-détenu islamiste Hakimi Belkacem, demande pas moins de 120.000 DH de dommages.
D’autres indices laissent supposer qu’il s’agirait également d’une autre tentative de règlements de comptes. Sinon, comment expliquer que la lettre adressée à Younès Moujahid pour réserver la salle du SNPM soit rédigée par le président du FVJ (Forum Vérité et Justice) ? Ou alors le soutien que ce dernier, en plus de l’AMDH, apporte aux plaignants ? Mystère ! Surtout quand on sait que les chefs de ces deux ONGs ont passé toute la journée de vendredi dernier en séance de travail au siège de l’IER avec les responsables de cette dernière…  Une première audience de ce procès a été fixée au 27 septembre. 

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