Il l a accusée de ne pas respecter les règles déontologiques : Ramid tire à boulets rouges sur la presse

Il l a accusée de ne pas respecter les règles déontologiques : Ramid tire à boulets rouges sur la presse

Le 11ème round du dialogue sur la «réforme globale du système judiciaire» a mis en situation, face-à-face, samedi à Rabat, deux pouvoirs qui ne le sont que trop dans la vie courante : la presse et la justice. Dès l’entame des travaux de la journée, les premières interventions ont donné le ton : journal et tribunal sont des contradicteurs irréductibles, voire des «frères ennemis». Sans doute étaient-ils prédestinés à cette empoigne permanente, ont estimé certains orateurs qui ont mis en évidence le fait que la presse et la justice se partagent trop souvent le même champ d’action. Mais le plus sûr est que ces «deux pouvoirs des sociétés modernes» ont été déviés de leur trajectoire démocratique. «S’ils ne sont pas opposés au départ, ils le sont devenus par manque de respect aux règles», ont estimé des orateurs. Ce point de vue, c’est en particulier celui du ministre de la justice et des libertés qui a présidé l’ouverture de la journée en compagnie de son homologue de la communication, porte-parole du gouvernement. Tout en qualifiant les deux pouvoirs d’éléments essentiels de l’Etat de droit, il a jugé que leur opposition prend souvent le pas sur leur complémentarité et que pour éviter que cela ne dégénère, il faut s’atteler à trouver un habile équilibre entre eux. Malgré cet appel à partager la pomme en deux, c’est en juriste tout acquis aux siens que Mustapha Ramid a plaidé à charge contre la presse, l’accusant de ne pas trop s’embarrasser des règles avant de divulguer les secrets de l’instruction ou de tordre le cou à la présomption d’innocence. L’auditoire n’a néanmoins pas été dupe de cette prise à partie. Dans la plupart des cas de violation du secret de l’instruction, les indiscrétions sont venues du tribunal lui-même et quand les autorités communiquent sur l’arrestation de grands délinquants, elles les qualifient d’accusés, a fait remarquer Mohamed Miftah, le patron de la corporation des éditeurs. Il a estimé que cela est contraire au principe qui veut que «le prévenu soit considéré comme innocent jusqu’à preuve du contraire». Le ministre de la justice et des libertés qui n’a sans doute pas voulu se laisser enfermer dans le réquisitoire stérile a donc annoncé que le projet de réforme globale du système judiciaire sera poursuivi vers plus de modernisation, d’efficacité et d’ouverture sur les règles et les pratiques internationales. Pour autant, cela n’empêche pas de poser la question de la nature du travail de la presse quand elle traite du judiciaire, a-t-il relevé. Pour tenter de cerner le problème, il a donc invité à répondre à une série de questions sur le rôle réel de la presse dans la couverture des procès et sur ses limites.
Problématique que le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement a posé, pour sa part, en termes «de dosage entre l’exigence d’autonomie de la justice et celle de liberté d’expression qui doit bénéficier à la presse». Il a annoncé que bien que difficile, la solution de cette équation n’est pas impossible. Il a informé que son département est en train de mettre la dernière main au projet de Code de la presse et de l’édition. «Nous nous engageons à ce qu’il ne comporte pas de peines privatives de liberté et à assurer la protection des journalistes», a-t-il déclaré. Mustapha El Khalfi a par ailleurs annoncé que les indicateurs mentionnés dans le dernier rapport annuel de la presse sont globalement satisfaisants s’agissant du respect des lois et celui des gens de presse.
Au final, ont établi les débats au cours de ce 11ème round du dialogue sur le judiciaire, ce qu’il faut pour que presse et justice ne se tirent pas dans les pattes, c’est multiplier les chemins de traverse qui leur permettent de mieux se connaître.  Une redite par rapport à de précédentes réunions qui avaient déjà affirmé la nécessité pour les deux secteurs de travailler ensemble. «Il est temps que chacun des deux protagonistes se familiarise avec les méthodes de travail de l’autre», avait posé la 1ère réunion du genre, il y a un peu plus d’un an. Comme samedi à Rabat, on y avait parlé de cours de formation croisée, de spécialisation et de cellules de communication chargées d’informer et d’expliquer à l’autre ce que l’un poursuit comme objectif.

El Khalfi publie le rapport 2012 sur les efforts de promotion de la liberté de la presse

Le ministère de la communication vient de publier son rapport sur les efforts de promotion de la liberté de la presse au titre de l’année 2012, le premier du genre après la nouvelle Constitution. Ce rapport comprend deux axes relatifs au cadre général référentiel de la liberté de presse et aux indices de cette liberté en 2012, en inventoriant 80 indices. Ledit rapport, élaboré en collaboration avec l’Institut supérieur de l’information et de la communication et avec la participation de plusieurs instances, a pour but de développer la communication avec les organisations nationales et internationales compétentes en la matière. Des annexes comportant des statistiques et des données sur les journalistes, des recommandations relatives à la liberté de la presse et des sites et liens Internet spécialisés donnent un aspect concret au rapport. Selon le préambule, ce document passe en revue les efforts déployés l’année dernière pour promouvoir la liberté de la presse qu’elle soit écrite, audiovisuelle ou radiophonique conformément à des indices qui permettent de constater les défis et de définir les perspectives, surtout en ce qui concerne le droit d’accès à l’information. Ces défis et perspectives concernent les volets juridique, institutionnel et professionnel, aussi bien que l’entreprise journalistique, la formation, la publicité et la distribution, l’auto-organisation et la médiation.

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