Immigration : les experts balisent le terrain

Rabat a abrité, hier dimanche 9 juillet 2006, une réunion des hauts fonctionnaires des 57 pays participant à la conférence euro-africaine sur la migration et le développement. Cette réunion, qui s’est déroulée à huis clos, devait élaborer la déclaration finale de la conférence qui devrait être adoptée, aujourd’hui, lors de la réunion desministre des pays participants. Cette déclaration devra prendre le nom de "Déclaration de Rabat" et retracera, selon plusieurs sources, les aspects d’une nouvelle approche, globale et innovante, de l’immigration et du co-développement.
C’est cette déclaration et un plan d’action qui devront être soumis à la conférence ministérielle des représentants des 57 pays des deux continents. La première séance de travail, ce lundi, sera consacrée à la coopération en matière de développement alors que les travaux de mardi, deuxième et dernier jour de cette conférence, sera dédiée à la coopération en matière de gestion des flux migratoires.  Cette conférence, une première dans les annales des relations entre l’Europe et l’Afrique, devra proposer, et adopter, une série de mesures et de démarches pour le retour et le transfert d’immigrants, le développement économique des pays émetteurs, mais aussi la coopération policière et le contrôle des frontières. Initiative maroco-espagnole après les événements de l’automne 2005 (largement soutenue par l’Europe et l’Afrique), cette conférence est saluée comme un rendez-vous décisif pour résoudre un phénomène qui devient encombrant de part et d’autre. En plus des 27 pays africains et de 30 pays européens qui seront -dûment- représentés à Rabat, cette conférence verra la participation de ce que le monde compte comme plus grandes organisations internationales dont pratiquement toutes les organisations onusiennes travaillant dans le domaine de l’humanitaire et du développement. L’Union africaine (U.A) sera également de la partie, alors que quatre pays assisteront en guise d’observateurs (Mexique, Russie, Turquie et Ukraine). Si plusieurs pays arrivent avec de fortes délégations comme c’est le cas pour la France et l’Espagne (partenaire, avec le Sénégal, du Maroc pour ce conclave bi-continental), de hauts responsables européens feront le déplacement à Rabat. La Commission européenne sera représentée par son vice-président chargé des dossiers justice, libertés et sécurité, l’Italien Franco Frattini et par le commissaire chargé des Relations extérieures et de la Politique de voisinage, Benita Ferrero-Waldner. La France, dont les responsables ont multiplié les déclarations soulignant la haute importance de la conférence de Rabat, prévoit de soumettre à ce conclave un paquet de 18 propositions sur des aspects divers de coopération bi-continentale et notamment pour la création d’un observatoire euro-africain de la migration.
La conférence de Rabat, selon multiples déclarations, ne sera pas un rendez-vous pour réfléchir à quelque nouveau système de "charité", mais aux meilleures manières de déboucher sur des plans de développement destinés aux pays concernés par le phénomène. Cette conférence a été précédée par deux réunions préparatoires, au Maroc et au Sénégal.
Les pays du Maghreb, en plus de l’Egypte, répondent présents à Rabat. L’Algérie, elle, et pour des raisons connues, a choisi le contre-courant et la politique de la chaise vide.

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