Intox et manipulation

Où sont passées ces armes de destruction massive (ADM) irakiennes, invoquées par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour justifier leur intervention militaire en Irak ? Tout le monde les recherche, mais personne n’a encore mis la main dessus. Une situation qui a engendré plusieurs accusations de manipulation visant Washington et Londres à propos de la présence de ces armes.
Deux mois après la chute du régime du président Saddam Hussein, l’absence de toute découverte d’arme prohibée a poussé de nombreux responsables américains ou britanniques à mettre en cause l’attitude de leurs gouvernements. Ces deniers sont accusés d’avoir exagéré voire créé de toutes pièces des éléments de preuve fournis par leurs services de renseignement.
Ces accusations sont même devenues un argument électoral. Les candidats démocrates américains à la présidentielle s’en ont en effet emparés dans leur campagne, accusant l’administration Bush de mensonge et dressant un parallèle avec le scandale du Watergate. Les dénonciateurs d’une manipulation au plus haut niveau évoquent notamment un rapport de la Defense Intelligence Agency, les services de renseignement militaires américains, en date de septembre 2002 où il était écrit que l’agence ne disposait pas de suffisamment «d’informations fiables» sur le potentiel chimique présumé de l’Irak.
Dans le même sens, le très sérieux Los Angeles Times, comme l’hebdomadaire britannique, non moins sérieux, le Sunday Times, citant tous deux un général de l’ancien régime irakien, ont affirmé que les services secrets de Saddam Hussein avaient monté un réseau de laboratoires consacrés à la recherche chimique et biologique, mais qui ne fabriquaient pas d’armes. Les responsables de l’administration Bush n’en sont pas moins restés sur leurs positions, démentant dimanche vertement toute manipulation à ce sujet.
Le secrétaire d’Etat américain et la conseillère à la sécurité nationale du président George W. Bush sont montés au créneau sur CNN et ABC. Le premier a dénoncé des allégations «scandaleuses» alors que la seconde est allée même jusqu’à fustiger les tenants d’une «histoire révisionniste». «Nous n’avons aucun doute que dans les dernières années, ils (les Irakiens) aient conservé de telles armes ou conservé les capacités de démarrer la production de telles armes», a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine. Et d’ajouter : «Nous savons aussi qu’ils sont des maîtres en matière de duplicité et de dissimulation. Une certaine patience est requise».
Pour Colin Powell comme pour Condoleezza Rice, aucun doute n’existe sur l’existence de ces armes de destruction massive. Leur principal argument reste le large consensus au sein des agences d’espionnage sur la présence de ces armes en Irak.

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