Irak : l’armée Italienne compte ses morts

L’attentat a fait 14 morts parmi les militaires italiens, 11 carabiniers et 3 soldats italiens, basés à Nassiriyah dans le sud de l’Irak, selon le commandement général des carabiniers à Rome. La télévision italienne a de son côté affirmé que huit civils irakiens ont également été tués. A Bagdad, un porte-parole de la coalition a fait état de 12 morts et 13 blessés. Des membres de l’opposition de gauche, Fausto Bertinotti, secrétaire de Refondation communiste (PRC) et le patron des communistes du PDCI, Oliviero Diliberto, ont immédiatement réclamé le retrait des troupes italiennes de ce pays. « Aucune intimidation ne changera notre volonté d’aider ce pays à se relever et à construire un gouvernement, la sécurité et la liberté », a quant à lui déclaré le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, dans un communiqué, alors que les militaires italiens continuaient à fouiller les décombres du bâtiment leur servant de caserne. L’Italie avait été menacée, en octobre, au même titre que les Etats-Unis par Al Qaïda dans un enregistrement sonore attribué au chef terroriste Oussama Ben Laden. « Nous nous réservons le droit de riposter au moment et au lieu opportuns contre tous les pays participant à cette guerre injuste, en particulier la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Australie, la Pologne, le Japon et l’Italie », indiquait le message, adressé au peuple américain, qui avait été diffusé par la chaîne de télévision qatariote Al-Jazira. L’attentat a été commis à l’aide d’une voiture piégée qui a explosé après qu’un camion eut foncé sur la base pour lui ouvrir le chemin, a affirmé à l’AFP une porte-parole de la coalition à Bagdad. Les premières indications données à Rome avaient fait état d’un camion piégé. L’attentat a eu lieu vers 07h40 GMT, endommageant fortement l’un des immeubles abritant à Nassiriyah les forces italiennes engagées depuis le mois de juin dans les opérations internationales de maintien de l’ordre en Irak. Le gouvernement italien, qui avait soutenu politiquement l’intervention américaine en Irak, a déployé près de 2.400 hommes dans le pays. L’attaque a bouleversé l’Italie, qui avait aussi appuyé les opérations militaires internationales en Afghanistan, envoyant des soldats dans une zone périlleuse du sud-est, mais sans déplorer de pertes. Les deux Chambres du Parlement italien ont suspendu leurs séances, en signe de deuil et le président de la Chambre des députés M. Pier Ferdinando Casini a fait observer une minute de silence à la mémoire des militaires tués. Jean Paul II a exprimé sa « douleur » après le « vil attentat ». Le président italien Carlo Azeglio Ciampi, en partance pour les Etats-Unis, où il doit rencontrer le président George W.Bush et le secrétaire des Nations unies, Kofi Annan, a exprimé sa douleur aux familles. Il a affirmé que l’Italie « continuerait à tenir son rôle, aux côtés des alliés et des Nations unies, dans la lutte contre le terrorisme international ». « L’armée italienne paye le prix de la politique étrangère proche des Etats-Unis et d’Israël menée par le gouvernement Berlusconi », a déclaré à l’AFP un ancien sénateur socialiste Maurizio Caldi, président d’un centre d’études sur le terrorisme (Ceas). « La douleur et le deuil sont d’autant plus vifs que l’armée italienne s’attache surtout à un rôle de police, de reconstruction politique et de pacificateur, plus que militaire », a-t-il souligné. Les messages de condoléances et de solidarité ont afflué du monde entier. Une minute de silence a été observée le mercredi soir avant le coup d’envoi du match amical Pologne-Italie à Varsovie, pour honorer la mémoire des carabiniers tombés dans l’attentat, a annoncé la Fédération italienne de foot.

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