Irak : Les élections de la violence

Loin de refluer totalement, ces violences ont fait dimanche plusieurs blessés parmi lesquels deux soldats américains dont le convoi a essuyé une attaque à la voiture piégée sur la route de l’aéroport de Bagdad. Après le gouvernement, la Commission électorale, les chefs chiites et les Etats-Unis, principale puissance occupante en Irak, le Conseil national irakien (Parlement intérimaire) s’est prononcé à son tour contre un ajournement des élections.
« Un report des élections créerait un vide juridique (…) violerait la loi et laisserait le gouvernement et le Conseil national sans couverture légale », écrit Jawad al-Maliki, vice-président du Conseil national dans un communiqué. « Nous pensons qu’un report perturberait le processus politique », a dit M. Maliki, en référence à la transition envisagée qui devrait être marquée par le passage d’un gouvernement désigné à des institutions issues d’élections.
Evoquant l’insécurité, invoquée par les partis et organisations qui ont souhaité un report du scrutin, le responsable irakien a estimé que le gouvernement disposait d’un délai raisonnable pour venir à bout des foyers de tension dans le pays. Reporter les élections est un « message d’encouragement aux terroristes et les inciterait à davantage d’actes » de violence, a-t-il assuré. Deux soldats américains ont été blessés par l’explosion d’une voiture piégée sur la route de l’aéroport international de Bagdad, fréquemment attaquée par les rebelles. Trois Irakiens, dont une vieille femme, ont été blessés pour leur part dans une attaque au mortier contre un poste de police à Baaqouba, dans la région située au nord de Bagdad, théâtre de nombreuses violences.
Par ailleurs, l’armée américaine a annoncé avoir découvert samedi 17 nouveaux corps appartenant probablement à des membres des forces de l’ordre irakiennes à Mossoul (nord), ce qui porte à au moins 57 le nombre de ces découvertes macabres en dix jours. Selon les commandants américains, les rebelles tentent par ces exécutions de démoraliser les membres des forces de l’ordre dans la ville où ils ont attaqué récemment des postes de police et provoqué la défection de 80% des 5.000 policiers locaux. Au sud de Bagdad, où la Force multinationale a lancé une offensive contre les rebelles le 23 novembre, plus de 40 suspects ont été arrêtés samedi et des armes saisies dans la localité de Jabella, selon la Garde nationale irakienne. Plus de 5.000 militaires américains, britanniques et irakiens sont engagés dans cette zone où sévissent des groupes armés et qui est connue sous le nom du « triangle de la mort ».
Les forces américaines ont arrêté au moins 125 suspects dans des raids dans et autour de Latifiyah, Youssoufiyah, Mahmoudiyah et Iskandariyah.
A Latifiyah, à 40 km au sud de Bagdad, les Américains étaient très présents dimanche selon un correspondant de l’AFP. Ils ont neutralisé plusieurs engins explosifs alors que la ville était survolée par des hélicoptères et des avions. Les écoles étaient fermées et beaucoup d’habitants ont quitté la ville, où les Marines recherchent des rebelles en utilisant des listes de noms.
Dix arrestations au moins ont été effectuées. Le calme régnait à Mahmoudiyah et Youssoufiyah, plus au nord, et la route traversant ces localités a été ouverte aux automobilistes se rendant dans le centre chiite du pays.

• Mohamed Hasni (AFP)

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