Irak : Powell appelle le CICR à rester

« Nous espérons que les entrepreneurs, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), les organisations non gouvernementales (ONG) et les agences de l’Onu feront une évaluation détaillée de leurs conditions de sécurité et j’espère qu’ils trouveront le moyen de rester », a affirmé M. Powell. « Leur travail est nécessaire et s’ils partent alors les terroristes auront gagné », a-t-il ajouté dans la nuit de lundi à mardi. Le CICR, dont le siège à Bagdad a été la cible d’un attentat suicide à la voiture piégée lundi, a indiqué ensuite n’avoir pris encore aucune décision sur l’évacuation de ses collaborateurs internationaux stationnés en Irak. Les collaborateurs au siège du CICR à Genève et Bagdad discutent des différentes options qui peuvent être prises. Le chef de délégation du CICR en Irak, Pierre Gassmann, a indiqué que son organisation commencerait dès mardi à évacuer ses collaborateurs expatriés. Les attentats, qui ont quasi simultanément visé quatre commissariats de police irakiens, ont été condamnés dans le monde entier. Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, a qualifié de « crime contre l’humanité » l’attaque contre le siège du CICR. Douze Irakiens ont été tués dans l’attentat du CICR et 30 autres ainsi qu’un soldat américain dans les attaques des postes de police, selon des sources hospitalières. Deux responsables de l’armée américaine ont eu des propos contradictoires sur l’origine des attentats, le premier écartant la thèse d’une responsabilité première étrangère, le second accusant des combattants étrangers d’en être à l’origine. Les étrangers représentent seulement « un faible, un très faible pourcentage » des résistants en Irak, a déclaré le général Raymond Odierno, commandant de la 4e division d’infanterie de l’armée de Terre, s’exprimant par vidéo-conférence de son QG de Tikrit (nord), ex-fief du président déchu Saddam Hussein. Un autre responsable de l’armée basé à Bagdad a au contraire mis en avant la probabilité d’une intervention de combattants étrangers dans les attentats. La presse irakienne a condamné les attentats et accusé Saddam Hussein et le chef terroriste Oussama ben Laden d’en être les instigateurs. « Des voitures piégées visant les policiers et les civils: cadeaux des terroristes aux Bagdadis pour le début du Ramadan », titrait le quotidien Al-Mada. « Plus nous enregistrons de succès sur le terrain, plus les terroristes réagiront », a déclaré le président américain George W. Bush en recevant à la Maison Blanche son envoyé spécial en Irak Paul Bremer. Selon un sondage publié lundi, un total de 50% d’Américains désapprouvent la façon dont leur pays mène la guerre en Irak contre 47% qui l’approuvent. En avril, 80% d’Américains approuvaient la façon dont leur pays conduisait la guerre contre 18% qui la désapprouvaient. Outre la série d’attentats, quatre civils irakiens ont été tués par des tirs de soldats américains dans le bastion sunnite de Falloujah (50 km à l’ouest de Bagdad), après qu’une mine eut sauté au passage d’un convoi américain, selon des sources hospitalières. Par ailleurs, des tirs de roquettes ont eu lieu lundi soir contre un poste de police et un magasin de nettoyage à Kirkouk (nord), sans faire de blessé.

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