Irak : Un pas vers la souveraineté ?

Un accouchement dans la douleur. Le compromis sur le projet de résolution américano-britannique a enfin été trouvé hier au Conseil de sécurité des Nations unies. La nouvelle mouture sur l’Irak devrait être mise au vote hier mardi vers 16h00 locales, 20h00 GMT.
Londres et Washington avaient refusé un amendement réclamé un peu plus tôt par la France et soutenu par plusieurs Etats. La dernière version du projet ne donne pas de droit de veto au gouvernement intérimaire irakien sur les « opérations offensives sensibles » de la force multinationale conduite par les Etats-Unis, comme le demandait la France.
Mais mardi matin, le ministre des Affaires étrangères français, Michel Barnier, a indiqué que Paris voterait en faveur du projet américano-britannique. « Cela ne nous empêchera pas d’émettre un vote positif à New York », a déclaré le chef de la diplomatie française, ajoutant que pour « la première fois dans cette affaire » irakienne, il y avait eu « un vrai dialogue » entre les Etats-Unis et la France. La pierre d’achoppement entre les Etats était sans conteste les rapports entre le pouvoir irakien et la force conduite par les Etats-Unis.
La France, mais aussi la Russie et la Chine, tablaient sur une marge plus large de manoeuvres pour les autorités irakiennes. Ils souhaitaient que les pouvoirs de Bagdad en matière de sécurité soient entiers et formulés clairement dans la résolution (capacité de décision, date limite de mandat, etc.).
La dernière version du projet de résolution sur le retour de l’Irak à la souveraineté mise davantage sur une coopération bilatérale. Le projet s’engage à ce que le gouvernement irakien et la « force multinationale » (FMN) maintenue après le transfert de souveraineté le 30 juin coopèrent sur les questions de sécurité.
Le droit de décider du départ des soldats américains reste pourtant entre les mains du gouvernement intérimaire irakien selon les dispositions de la nouvelle résolution sur l’Irak. Cette dernière précise clairement que le mandat de la force multinationale expire en tout état de cause en janvier 2006 avec l’entrée en fonction d’un gouvernement irakien définitif.
Il prévoit également aussi une force de sécurité spécifiquement consacrée à la protection des Nations unies en Irak.
La nouvelle mouture ne devrait pas plaire pourtant aux Kurdes. Si la résolution ne reconnaît pas l’autonomie qui leur a été accordée en mars par la loi servant à l’Irak de Constitution provisoire, les Kurdes ont menacé de quitter le gouvernement.
« Nous ne bluffons pas, nous sommes sérieux – c’est le droit de notre peuple », a déclaré Netchirvan Barzani, chef du gouvernement régional du Kurdistan. Alors que les négociations se poursuivent pour donner à l’Irak un droit de regard sur les opérations militaires. Pas un jour ne se passe sans apporter son lot de victimes. Hier mardi, six personnes, dont un soldat américain, ont été tuées et 68 blessées dans deux attentats à la voiture piégée.
Le premier attentat a été perpétré à Mossoul (nord) et l’autre devant une base américaine à Baaqouba (nord-est de Bagdad), selon l’armée américaine. Le bilan le plus lourd a été enregistré à la ville de Mossoul située à 370 km au nord de la capitale. Suite à l’explosion d’une voiture piégée, quatre personnes ont été tuées et 37 d’autres blessées, dont un haut responsable de la police irakienne.
Dans un attentat similaire à Baaqouba, un soldat américain et un Irakien ont été tués et 31 personnes blessées, dont dix GI’s. L’attentat suicide de Baaqouba à la voiture piégée a eu lieu à l’extérieur de la principale base militaire américaine de la ville.

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