Irak : Washington accuse le coup

Dix-huit soldats, au moins selon un nouveau bilan, ont été tués lorsque leur hélicoptère a été abattu près de Bagdad. La Maison Blanche a réaffirmé sa volonté de rester en Irak : « les enjeux sont importants dans ce pays. Les terroristes veulent tuer les soldats de la coalition et des Irakiens innocents car ils veulent nous voir fuir mais notre volonté et notre détermination sont inébranlables», a affirmé un porte-parole. Auparavant, le secrétaire d’État américain à la Défense, Donald Rumsfeld ,a déclaré qu’ «il s’agit manifestement d’un jour tragique pour l’Amérique(…) mais, la seule chose à faire est de porter le fer contre les terroristes, les capturer ou les tuer». Il a concédé que l’élimination de leurs adversaires en Irak ne serait pas tâche facile. « La situation n’est pas belle. Elle est difficile ». En effet, l’attaque contre l’hélicoptère fait ressurgir un possible parallèle avec l’enlisement progressif des Etats-Unis au Vietnam, à un moment où les Américains s’interrogent de plus en plus sur l’intervention militaire de l’Administration en Irak, pourtant massivement approuvée au printemps dernier. Aujourd’hui, selon un sondage publié par le Washington Poste , 87 % des Américains craignent l’enlisement militaire et 62 % jugent le niveau des pertes humaines inacceptable. Moins d’un Américain sur deux (47 %) approuve maintenant la façon dont George Bush gère la situation en Irak. À titre d’exemple, aux Etats-Unis, des journaux locaux ont publié des lettres des marines en poste en Irak, dans lesquelles ils racontent les merveilles de leur inoubliable expérience dans l’ancienne Mésopotamie. «Les enfants nous disent merci», écrivent-ils. Mais il y a un hic : «les missives sont toutes les mêmes, bien qu’elles oient signées par différents soldats, et elles sont fausses». «Je suis fier du travail que nous accomplissons ici en Irak et j’espère que vous, lecteurs, vous l’êtes aussi». Cette phrase est tirée d’une lettre envoyé par un GI à sa famille et publiée par le «Boston Globeé. Les journalistes croyaient mordicus qu’ils publiaient un témoignage d’un soldat qui risquait sa peau au front. Mais, il y a un problème. Cette lettre, aucun soldat ne l’a jamais écrite. C’est la mère d’un appelé engagé en Irak qui l’avait fait parvenir au «Boston Globe», en ayant conscience du fait que, à cause de sa connaissance insuffisante de la langue, son fils n’aurait jamais été capable de la rédiger ». Plus grave, au même moment une autre lettre était apparue dans une publication d’une autre localité de la région. Elle frappe l’esprit d’un lecteur qui y retrouve le même texte identique en tous points à la missive reçue par le «Boston Globe». Les signataires des deux lettres contactés tombent des nues ; «Quelle lettre ?». L’enquête journalistique va révéler qu’un sergent de l’armée étasunienne a montré la lettre en question à des soldats en leur demandant de la signer. Certains ont accepté de la signer. Face au refus des autres, quelqu’un a décidé de la signer d’office à leur place. La question que se posent aujourd’hui beaucoup d’Américains est celle de savoir pourquoi, si la réalité est si idyllique, si on est si bien à Bagdad, les boys continuent de mourir si nombreux. Pourquoi les suicides sont en augmentation constante ? Tout comme les retours anticipés au pays de soldats atteints de troubles psychologiques ? Sur le terrain, Saddam Hussein pourrait être à l’origine de certaines attaques, rapporte le «New York Times» qui cite des responsables de l’Administration américaine. Un de ces responsables souligne que ces informations étaient crédibles car « il y a certains rapports disant que les président déchu suscite ou fomente une partie de la résistance ».

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