Iran : échec des amis d’Ahmadinejad

Les résultats des élections iraniennes à l’Assemblée des experts et aux municipales tombent au compte-gouttes, mais laissent entrevoir dimanche l’échec des ultra-conservateurs proches du président Mahmoud Ahmadinejad dans de nombreuses villes et à l’assemblée. «Les premiers résultats montrent que les Iraniens sont plutôt favorables aux forces modérées», a affirmé le quotidien réformateur Etemad. À preuve, le véritable plébiscite dont a bénéficié l’ex-président conservateur pragmatique Akbar Hachémi Rafsandjani pour l’élection à l’Assemblée des experts. Cet organe, composé de 86 membres élus tous les huit ans, est chargé de choisir, superviser et éventuellement démettre le guide suprême, actuellement l’ayatollah Ali Khamenei. Se plaçant au centre de l’échiquier politique, en pivot entre conservateurs modérés et réformateurs, M. Rafsandjani a laissé loin derrière ses concurrents dans la circonscription de la province de Téhéran. Son principal adversaire, l’ayatollah ultraconservateur Mohamed Taqhi Mezbah Yazdi, n’arriverait qu’en sixième position. La liste de ce dernier, «les experts des écoles théologiques et de l’université», a échoué par ailleurs dans la ville sainte de Machhad. L’Assemblée, où les partisans de l’ayatollah Mezbah Yazdi ne compteraient qu’une poignée de membres, restera cependant largement dominée par les membres de l’Association du Clergé combattant, le bloc conservateur fidèle au guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei. Pour les municipales aussi, l’offensive des ultraconservateurs n’a pas réussi. A Téhéran, la liste menée par la soeur du président, Parvine Ahmadinejad, n’aurait que trois sièges sur les quinze que compte le Conseil, selon des résultats officieux cités par l’agence Fars. La liste du maire conservateur modéré Mohammad Bagher Ghalibaf, tiendrait neuf sièges, et pourrait compter sur le soutien d’un conservateur modéré indépendant. Les réformateurs pourraient revenir au Conseil avec deux sièges, après en avoir été évincés lors du précédent scrutin. Selon la presse réformatrice, la liste des partisans du président Ahmadinejad, intitulée «la bonne odeur de servir», serait aussi minoritaire dans la plupart des grandes villes du pays. Le principal parti réformateur, le Front de la participation, a affirmé que «les premiers résultats à l’échelle du pays montrent une défaite définitive de la liste d’Ahmadinejad dans les différentes élections». Plusieurs femmes iraniennes sont arrivées en tête dans plusieurs villes importantes de province. C’est le cas notamment à Shiraz (sud) avec une étudiante de 25 ans, Fatemeh Houshmand, proche des réformateurs, mais aussi à Arak (centre) et Ardebil (Nord-ouest). Le président iranien, dont cette double élection tenue vendredi était considérée comme le premier test de popularité depuis son arrivée au pouvoir en 2005, a évité toute analyse de fond sur les premiers résultats.
«Le peuple a gagné», a dit M. Ahmadinejad, expliquant que «les ennemis qui veulent le mal pour l’Iran pensaient avoir trouvé un point de faiblesse, mais le peuple iranien a montré son intelligence et sa grandeur au monde entier», a-t-il dit. Le taux de participation aux élections de vendredi restait officiellement fixé à 60% dimanche. Les candidats réformateurs aux élections municipales de Téhéran se sont inquiétés dimanche du délai, selon eux, anormal de publication des résultats. Des résultats partiels officiels ont été fournis pour les deux scrutins, mais encore aucun pour les postes de conseillers dans la capitale, contrairement aux précédentes municipales. La publication des résultats officiels définitifs pour les municipales à Téhéran n’interviendra pas avant plusieurs jours.

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