Islamisme : De Gaza à Beyrouth

Ce qui s’est passé à Gaza est vraiment lamentable. Tout comme ce qui se passe au Liban. Car, il est malheureux de voir comment on détruit facilement en quelques jours ce qui a été construit en plusieurs années. Mais ce qui est encore plus regrettable, c’est le fait que ceux qui sont à l’origine de ces deux tragédies le font au nom d’une prétendue légitimité religieuse. Ce qui leur permet d’obtenir le soutien notamment financier – c’est ce qu’il y a de plus important pour leurs dirigeants – de leurs confrères islamisés à travers le monde. Une sorte de solidarité inter-islamiste. Or, il se trouve que ceux qui sont à l’origine des malheurs des peuples libanais et palestinien se cachent derrière l’Islam alors que cette religion rejette catégoriquement tout ce qui est de nature à provoquer la panique parmi les gens et à porter atteinte à la paix et au bien-être de la population.
À Gaza, une bande d’extrémistes s’insurge contre le pouvoir légitime, tue en quelques jours plus de Palestiniens que l’armée israélienne en plusieurs mois. Elle occupe les sièges des différents départements officiels de l’Autorité nationale palestinienne et met en état d’arrestation plusieurs hauts responsables ayant refusé de reconnaître l’autorité de ses membres. Qu’appelle-t-on cela en termes juridiques ? Il s’agit donc et sans aucune ambiguïté d’un coup d’Etat. Mais un coup d’Etat dans un Etat qui a encore du mal à se frayer un chemin vers la légitimité internationale. Au Liban, une armée d’intégristes palestiniens refuse de rendre ses armes et de laisser l’armée légitime de l’Etat libanais étendre son pouvoir sur la totalité de son territoire. Selon ces extrémistes, les camps de réfugiés doivent rester des micro-Etats gérés par leurs milices. Aussi, l’Etat libanais serait réparti entre l’armée du Hezbollah qui occupe le Sud, les organisations palestiniennes qui gèrent des camps de réfugiés transformés en véritables villes isolées où ni l’armée ni la police libanaises n’ont le droit d’entrer. Qu’appelle-t-on cela dans le droit international ? C’est tout simplement une colonisation.
Pourtant, malgré l’illégitimité de leurs positions respectives, ils trouvent des soutiens de certaines forces politiques notamment dans le monde arabe. Des islamistes, évidemment. Au Maroc, c’est le PJD et le MUR qui font le boulot. Le quotidien arabophone Attajdid consacre chaque jour plusieurs pages pour dénoncer ce qu’il appelle «le coup d’Etat d’Abou Mazen» ou pour annoncer que «Gaza vit désormais dans la sérénité», etc. Une prise de position qui révèle le «style» de la politique étrangère qui serait menée par ce parti s’il pouvait, lui, s’emparer du pouvoir, ici – démocratiquement bien sûr.
Face à ce genre de discours trompeurs tenus par les islamistes, on ne peut qu’invoquer les versets 103 et 104 de la sourate d’Al Kahf.  «Dis : "Voulez-vous que Nous vous apprenions lesquels sont les plus grands perdants, en œuvres ? Ceux dont l’effort, dans la vie présente, s’est égaré, alors qu’ils s’imaginent faire le bien», a dit le Tout-Puissant.

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