Israël intensifie ses agressions

«Il est possible que l’armée soit contrainte de lancer des opérations plus profondes si celles menées actuellement n’étaient pas efficaces», a prévenu le chef d’état-major Mofaz dimanche.
«Les infrastructures du terrorisme que nous avions attaquées durant l’opération Rempart (menée en Cisjordanie de fin mars à début mai) ont été réhabilitées à Beit Lahm, Ramallah, Naplouse et Jénine, tandis que Tulkarem et Kalkiliya sont devenues des sanctuaires pour les terroristes qui commettent des attentats en territoire israélien», a ajouté le général israélien.
Des propos qui viennent finalement contredire le constat de succès fait à la fin de cette opération dite «rempart». Une «première phase» militaire d’un mois et demi dont le bilan se résumait à des milliers d’arrestations, des dégâts considérables tant matériels qu’humains, des infrastructures achevées et une population complètement démunie.
Si cette opération a officiellement pris fin au début de ce mois de mai, l’armée n’en poursuit d’ailleurs pas moins ses incursions en territoire palestinien. Lundi après-midi, elle a quitté la ville de Tulkarem après une occupation de plusieurs heures, mais poursuivait encore ses opérations à Kalkiliya, y arrêtant plusieurs suspects.
Un couvre-feu a par ailleurs été imposé sur plusieurs villages autonomes de la région de Jénine. Dans la bande de Ghaza, des unités ont ratissé le secteur du point de passage entre Ghaza et Israël, après deux incidents survenus la veille et au cours desquels deux soldats israéliens ont été légèrement blessés.
L’armée a également mené lundi une importante incursion dans la zone de Beit Lahm, y imposant un couvre-feu et fermant l’accès à la basilique de la Nativité pour qu’elle ne serve plus de refuge.
Les militaires ont arrêté des dizaines de Palestiniens, dont le chef local des Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, Ahmed Moghrabi, 28 ans. Selon des témoins, il aurait été interpellé dans une maison du camp de réfugiés de Dheisheh, voisin de Beit Lahm.
Durant cette seule journée de lundi, les militaires israéliens ont aussi effectué des incursions à Hébron et dans quatre localités proches du sud de la Cisjordanie, interpellant des dizaines de Palestiniens.
Selon Israël, l’objectif de ces opérations ponctuelles est de déjouer des attentats dont trois tentatives ont pu être avortées entre le 19 et le 24 mai. Selon le ministre de la Défense Binyamin Ben Eliezer, l’armée et les services de sécurité «font échec à 90 % des projets d’attentats en capturant un à deux kamikazes palestiniens par jour avant qu’ils ne passent à l’action».
Ce lundi, le président palestinien craignait pour sa part une réoccupation de Ramallah au vu de la multiplication des incursions israéliennes dans le secteur.
Selon des témoins, une colonne israélienne a pénétré lundi à El-Bireh, localité palestinienne jouxtant Ramallah. Au milieu de ce regain de tension, le président américain a annoncé dimanche soir qu’il enverrait cette semaine le secrétaire d’Etat adjoint pour le Proche-Orient, William Burns, et le directeur de la CIA, George Tenet, «pour aider Israéliens et Palestiniens à renouer le dialogue et contribuer à mettre en place une force de sécurité de l’Autorité palestinienne du président Yasser Arafat».
Yasser Arafat qui, même s’il reste le leader palestinien aux yeux de la Maison blanche, n’en finit pas d’essuyer les critiques des Américains pourtant muets sur le terrorisme israéliens.

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