Khalifa interpellé à Londres

Le «golden boy» algérien Rafik Khalifa, l’origine du plus grand scandale financier de l’Algérie, actuellement jugé par contumace en Algérie, a été arrêté à Londres le 27 février et remis en liberté, selon les autorités algériennes et Scotland Yard.
«Rafik Khalifa a été arrêté par les autorités britanniques», a déclaré dimanche le chef du gouvernement algérien, Abdelaziz Belkhadem, interrogé par la presse, en marge de l’ouverture de la session de printemps du Conseil de la nation (Sénat).
«Nous pouvons confirmer que les policiers de notre unité de crime économique ont, le 27 février, arrêté un homme de 40 ans sur des soupçons de blanchiment d’argent», a indiqué un porte-parole de la police de Londres. «Il a été remis en liberté sous caution et doit se présenter le 20 mars dans un poste de police de Londres», a-t-il précisé. «L’enquête se poursuit», a indiqué Scotland Yard.
L’arrestation de M. Khalifa le 27 février à Londres pour «séjour irrégulier et blanchiment d’argent», avait été annoncée dans la matinée par la presse algérienne. Il y était installé depuis 2003 et affirmait y bénéficier de l’«asile politique».
Le jeune milliardaire, âgé de 40 ans, est jugé par contumace depuis le 8 janvier devant le tribunal criminel de Blida (sud d’Alger). La faillite du groupe Khalifa aurait causé un préjudice estimé entre 1,5 et 5 milliards de dollars à l’Etat et aux épargnants.
Le ministre algérien de l’Intérieur Yazid Zarhouni, a réclamé l’extradition de M. Khalifa. «Il ne peut y avoir une coopération sérieuse entre l’Algérie et la Grande-Bretagne dans d’autres domaines (que le judiciaire, Ndlr), si on ne peut pas résoudre un cas qui relève du droit commun comme l’affaire de l’extradition de Khalifa», a-t-il dit.
«Le Royaume-Uni n’est pas un refuge pour les criminels et nous nous tenons prêts à aider toute demande d’extradition dans le cadre prévu par la loi», a déclaré une porte-parole du ministère de l’Intérieur britannique.
L’Algérie et la Grande-Bretagne ont échangé le 25 février à Alger les instruments de ratification d’un accord d’extradition signé en juillet lors de la première visite officielle en Grande-Bretagne du président Abdelaziz Bouteflika.
Les procédures d’extradiction en Grande-Bretagne sont longues, les prévenus pouvant gagner du temps en jouant sur un système de recours complexe, ont indiqué des avocats. «Si Khalifa est extradé avant le verdict, l’organisation du procès risque d’être bouleversée», a déclaré à l’AFP Me Khaled Bourayou, avocat de l’un des prévenus au procès du groupe.
En revanche, s’il est extradé après le verdict, une nouvelle instruction serait ouverte et la condamnation par contumace que le tribunal se prépare à prendre sera annulée, a-t-il précisé.
Le procureur de Blida a réclamé une peine de prison de 12 à 20 ans à l’encontre des principaux accusés du procès, mais a réservé ses réquisitions à l’encontre de M. Khalifa, comme le stipule la loi. Le scandale Khalifa a révélé de graves carences dans la gestion et le contrôle du système bancaire algérien et éclaboussé les politiques. Dans des déclarations à la presse, Rafik Khalifa avait imputé au chef de l’Etat algérien ses ennuis judiciaires, affirmé que la faillite de son groupe, comprenant notamment une banque, une compagnie aérienne et deux chaînes de télévision, était une «affaire d’Etat» et que le procès qui lui était intenté était «tragi-comique».

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