La BCP sur le chemin de la Bourse

Le premier établissement bancaire du Maroc, le Crédit Populaire du Maroc (CPM), reconnu par son légendaire cheval populaire, s’apprête à franchir la dernière haie avant l’arrivée à la Bourse de Casablanca. Elle s’appelle : litige fiscal. De source bien informée, proche du ministère des Finances, le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) a posé comme condition préalable à l’introduction de la Banque Centrale Populaire (BCP), le règlement du litige fiscal opposant l’administration fiscale et les banques marocaines au sujet de la non-taxation des placements des Marocains résidents à l’étranger (MRE). Dans le cas BCP, le montant, déjà provisionné, tourne autour de 1,7 milliard de DH. Les deux patrons, Noureddine Omary, P-dg du CPM et Noureddine Bensouda patron de la Direction des impôts, devraient surmontaient leurs différends, du moins, concernant ce sujet. Un accord est pressenti pour ce vendredi 4 juin. Il faut dire que le temps est désormais compté. La date d’introduction est arrêtée au 21 juin prochain, pour se clôturer le 25 juin. L’offre publique de vente va porter sur 20 % du capital de la BCP. Le dernier Conseil d’administration de la banque a statué sur les modalités de cette cession. Selon les informations recueillies par Aujourd’hui Le Maroc, le conseil a retenu une valorisation globale de la BCP de 4 milliards de DH, soit 800 millions de DH pour la valorisation des 20 % du capital introduit à la Bourse de Casablanca…Une recette revenant entièrement à l’Etat.
Les 1 056 000 actions composant les 20 % de la BCP ont, par conséquent, une valorisation unitaire de 700 DH l’action. La tranche réservée aux institutionnels se chiffre uniquement à 160 millions de DH contre 360 pour les personnes physiques, résidentes et non résidentes. Les 280 millions DH restants seront attribuées au personnel de la banque mais aussi aux clients des Banques régionales, ses légendaires sociétaires derrière la réussite du groupe. En effet, dans la cadre de la réforme du CPM, faut-il le préciser, la BCP a déjà été privatisée par la prise de participation des Banques Populaires Régionales (BPR) à hauteur de 21% en juin 2001. La régionalisation prévue par la loi 12-96 impose une forte contribution à la collecte de l’épargne régionale et son emploi au niveau local. En fait, les BPR sont des banques coopératives à capital variable appartenant à leurs sociétaires, et par conséquent, n’appartiennent pas à l’Etat. Dans l’ensemble, la BCP n’a pas de territoire propre. Les excédents de trésoreries des BPR sont, comme définis par la loi, placés auprès de la BCP. L’ensemble forme en réalité le CPM.
Donc, en schématisant, la BCP n’est « qu’une SICAV » où les BPR et l’Etat devront détenir à tout moment 51 % du capital. Il est d’ailleurs permis aux BPR d’augmenter les 21 % initialement attribués.
L’architecture finale devrait doter ces dernières d’un personnel de direction propre, jusqu’à présent relevant de la BCP. Par la suite, le processus engagé depuis deux année visant la régionalisation, la redéfinition des rapports entre BPR-BCP et la proximité locale sera achevée. En plus, la culture financière qu’imposera l’introduction en bourse de la BCP est de nature à révolutionner la première banque du Royaume. La transparence en découlant faciliterait assurément son mode de gouvernance.

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