septembre 22, 2017

La campagne de régularisation des sans-papiers est lancée : Fini la clandestinité ?

La campagne de régularisation des sans-papiers est lancée : Fini la clandestinité ?

L’opération de régularisation des sans-papiers a débuté jeudi dans les bureaux des étrangers ouverts sur l’ensemble du territoire national auprès des 62 provinces et des 17 préfectures.

Lancée officiellement par le ministre délégué à l’Intérieur et le ministre des MRE dans les bureaux des étrangers installés dans la préfecture de Rabat, cette campagne de régularisation massive, sans précédent dans la région, avait été annoncée au mois de novembre dernier par le ministre de l’intérieur comme une opération exceptionnelle qui doit se prolonger toute l’année «afin de traduire dans les faits les orientations humanistes de SM le Roi invitant à doter les immigrés des mêmes droits que les citoyens marocains».

Quelque 40.000 personnes en situation administrative non conforme devraient en bénéficier, selon des estimations du ministère de l’intérieur.

Interrogé sur l’envergure de l’opération et le nombre des personnes à régulariser, Mohamed Hassad a en effet déclaré au mois de novembre dernier au cours d’une conférence de presse donnée conjointement avec le ministre des MRE, le délégué interministériel aux droits de l’Homme et le président du CNDH, que du fait même que ce sont des présences irrégulières sur le territoire national, il est très difficile d’en connaître le nombre avec précision.

Il a cependant affirmé que ce chiffre oscille entre 25.000 et 40.000 personnes. Outre ces effectifs, 200 à 300 demandeurs d’asile recensés par le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR)  bénéficieront de l’opération. Elle est même automatique en ce qui les concerne, tandis que la majorité des immigrés doit satisfaire à des critères d’éligibilité dont certains ont été qualifiés par des ONG locales de «contraignants».

Le candidat à l’émigration doit en effet attester d’une présence permanente d’au moins quatre ans sur le territoire national, ou être marié depuis plus de 2 ans avec un conjoint marocain ou depuis plus de 4 ans avec une personne immigrée régulière. A défaut de ces critères, le demandeur doit produire la preuve d’un travail contractuel de plus de 2 ans.
Cependant, les enfants ne sont pas astreints à cette sélectivité et nombre d’écoles marocaines ont admis les enfants d’immigrés sur leurs bancs dès cette rentrée. De même, les malades sont soignés dans les établissements de la Santé publique sans autre préalable que celui de se trouver au Maroc à la date du 31 décembre 2013.
Considérée comme l’une des actions les plus généreuses et les plus audacieuses en matière de régularisation des immigrés dont la situation administrative est non conforme à la règlementation, la nouvelle politique migratoire est de plus en plus perçue comme un modèle de gestion des flux migratoires pour «les pays qui se sont retrouvés transformés de pays de transit en pays d’accueil des migrants».

Les commentateurs rappellent que c’est le lundi 9 septembre que cette nouvelle politique a pris option sur le réel. Ce jour-là, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) remettait à Sa Majesté le Roi un rapport préconisant la mise en place d’une nouvelle politique d’asile et d’immigration propre à améliorer la situation des migrants et des réfugiés.
A la lecture de ce document, SM Mohammed VI décidait que «la problématique migratoire, objet de préoccupations légitimes et parfois sujet de polémiques, doit être approchée de manière globale et humaniste».

Quelques jours plus tard, une commission ad hoc composée de représentants des services de l’Intérieur, des Affaires étrangères, et des MRE et de l’émigration, était mise en place pour donner corps aux recommandations du rapport du CNDH.
La rapidité avec laquelle sont exécutées les directives royales est l’une des conditions essentielles pour assurer la réussite de la nouvelle politique migratoire, ont commenté des analystes. Outre les immigrés en provenance de l’Afrique subsaharienne, le Maroc est en effet confronté à une immigration grandissante venue des pays arabes qui comme la Syrie sont en proie à des troubles armés. Bien que les ressortissants de ces pays n’entrent dans aucune des catégories prévues, on estime que le ton résolument humaniste de l’action du Maroc devrait permettre de les inclure dans le processus.

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