La ceinture de sécurité obligatoire dans les autocars

La ceinture de sécurité obligatoire dans les autocars

Vous voyagez en autocar, vous devez porter une ceinture de sécurité sous peine d’une amende. En effet, le port de la ceinture de sécurité est obligatoire dans les autocars depuis l’entrée en vigueur du code de la route en 2010. Pourtant, la disposition n’a jamais été appliquée. «Le ministère de l’équipement et du transport sous l’ère de Karim Ghellab avait préféré donner une période transitoire qui n’était pas prévue par le code de la route, afin que les transporteurs se conforment à la nouvelle législation en équipant leurs véhicules avec des dispositifs de ceinture de sécurité sauf que la période transitoire a fini par trop durer», affirme Abderrahim Chennaoui, président du Centre professionnel pour le développement de la sécurité et du transport. «Le gouvernement actuel vient de mettre un terme à cette dérogation qui doit améliorer la sécurité pour les passagers.

En effet, les études montrent que le risque du décès en cas d’accident est réduit de 50% grâce au port de la ceinture de sécurité», ajoute-t-il. Seul bémol, une bonne partie, si ce n’est la majorité du parc national des autocars, n’est pas encore prête. Mais le gouvernement est décidé à faire respecter la loi. «L’obligation de porter la ceinture de sécurité pour le conducteur, l’assistant et les passagers des autocars est définitive. Il faut préciser que cette disposition existe déjà dans le code de la route entré en vigueur en 2010. Le ministère, et dans le cadre d’une approche progressive a choisi de mettre en œuvre les dispositions du code étape par étape», explique Mohamed Najib Boulif, ministre délégué chargé du transport. Et de poursuivre : «Nous avons adressé des courriers durant les deux dernières années aux transporteurs leur demandant de se conformer à la loi. Nous estimons aujourd’hui que les professionnels ont eu droit à des délais suffisants pour appliquer ces nouvelles dispositions».

Syndicats peu enthousiastes

Selon une source proche du ministre, le port de la ceinture dans les autocars deviendra obligatoire dès le 1er janvier 2016. Si la tutelle décide aujourd’hui de mettre un terme à cette dérogation, c’est également pour limiter le nombre de victimes dans les accidents moins spectaculaires mais se traduisant par des dizaines de blessés.

Ce fut le cas pour l’accident survenu sur l’autoroute reliant Mohammedia et Casablanca lorsqu’un autocar est entré en collision avec une camionnette chargée de pastèques. Aucun mort n’est à déplorer mais quarante passagers ont été blessés dont huit se trouvaient dans un état grave. Si la tutelle paraît inflexible sur la question de la ceinture de sécurité, les syndicats sont très peu enthousiastes. «A priori, le port de la ceinture de sécurité doit réduire le risque des blessés graves et des morts mais nous pensons que le ministère doit s’atteler d’urgence à des questions tout aussi prioritaires», affirme Dahbi Abdelhak, secrétaire général d’un syndicat des transporteurs affilié à l’UNTM (Union nationale du travail au Maroc).

«Le gouvernement veut imposer aux chauffeurs qui sont les premiers concernés par la sécurité le port de la ceinture sans se poser la question si ces professionnels bénéficient de tous leurs droits prévus par la loi, notamment la couverture médicale et les heures de travail quotidiennes. Comment voulez-vous susciter l’adhésion d’un chauffeur qui ne se sent pas lui-même en sécurité», ajoute le syndicaliste pourtant proche du Parti de la justice et du développement (PJD). Dahbi évoque aussi la difficulté pour le parc national actuel d’autocars majoritairement vétuste de se mettre en conformité avec la nouvelle règle. De son côté, Chennaoui pense que le dispositif sera facile à mettre en œuvre.

«Il ne faut pas oublier que des sociétés de transport disposent aujourd’hui de véhicules de dernière génération. De même, l’équipement des autres véhicules reste techniquement et financièrement à la portée», conclut-il. A noter enfin que l’absence du dispositif de ceinture de sécurité est considérée par le code de la route comme une contravention de première classe passible d’une amende entre 700 et 1.400 dirhams.

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