La chaussure marocaine à la conquête de Paris

La chaussure marocaine à la conquête de Paris

Six entreprises marocaines participeront à la 39e édition du MIDEC (Mode internationale de la chaussure), prévue du 2 au 4 septembre 2006. Pour Hassan Alaoui, président de la Fédération de l’industrie du cuir (FEDIC); «Tout est mis en œuvre pour que  laparticipation marocaine durant cette édition soit la plus professionnelle possible». Des contacts ont été ainsi établis avec des spécialistes pour optimiser cette présence marocaine.
L’évènement intervient alors que l’industrie de la chaussure marocaine est confrontée à une demande internationale, en particulier européenne, qu’elle ne peut pas honorer du fait de sa faible capacité : «si nous avions une pépinière d’opérateurs, cela aurait été mieux. Il y a actuellement des donneurs d’ordre qui viennent au Maroc mais n’arrivent pas à placer leurs commandes », explique M. Alaoui qui fait état de 300 fabricants de chaussures répertoriés au Maroc. «Nous avons la particularité d’être l’un des rares secteurs où le niveau de chômage avoisine la barre du zéro », poursuit-il.
Elargie au secteur du cuir dans l’ensemble, la filière emploie 17213 personnes, regroupant  une multitude de produits et industries qui vont de la chaussure, aux tanneries et mégisseries, en passant par la maroquinerie, les vêtements et articles de voyage en cuir, la sellerie et la ganterie. Ce secteur dégage une  production annuelle de  2,2 milliards de dirhams pour  une valeur ajoutée de 855,6 MDH.
Le dynamisme de la chaussure marocaine vient aussi des dispositions prises dans le cadre du plan Emergence. Depuis le 1er août 2006, une diminution des droits de douane (passés de 16 à 2,5%) concerne certains intrants comme le cuir, les produits chimiques entrant dans la fabrication des maroquineries, etc.. L’objectif de ces baisses est de rendre la matière première disponible sur le marché local.
N’empêche, même avec ces avantages, les fabricants de chaussures ne se font pas d’illusion : «nous ne pouvons pas concurrencer les Asiatiques, qui contrôlent 70% du marché mondial», explique un industriel basé à Mohammédia.
Seul avantage comparatif du Maroc : les délais de livraison. Lesquels peuvent être améliorés avec une ressource humaine mieux formée et des équipements plus performants. Le marché français reste très important pour les industriels marocains qui notent aussi un réveil graduel de l’Espagne. Le Maroc a exporté au titre de l’année 2005 plus de 1,67 milliard DH de chaussures vers la France (40 %), l’Espagne (31 %), l’Allemagne (13%) et l’Italie (9 %). Lors du MIDEC, le Maroc occupera un stand de 84 m2 de superficie, et présentera une gamme variée de produits et de collections à forte valeur ajoutée, en adéquation avec le marché français. Cette édition à laquelle participent 550 entreprises françaises et étrangères est segmentée en villages pour une meilleure lisibilité  des collections, une clarification de l’offre et une mise en valeur des marques et des produits. Ce salon a drainé lors de sa dernière édition, en février dernier, plus de 12.000 acheteurs et visiteurs professionnels.
La participation marocaine à ce salon est organisée par le CMPE en collaboration avec la Fédération marocaine des Industries du cuir (Fedic). Il s’agit d’un salon du détaillant explique-t-on à la FEDIC. «Avoir un produit fini est important, mais il faut aussi un relais sur place. Les revendeurs européens seront nombreux parmi les visiteurs », insiste M. Alaoui. Les approvisionnements en sous-traitance n’ont donc plus le vent en poupe.

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