La France se souvient…

La France se souvient…

La France honore les Africains qui se sont jetés sur ses plages le 15 août 1945. Sur les 450 000 soldats débarquant en Provence, plus de 256.000 étaient maghrébins. Parmi eux, 85 000 Marocains. Des goumiers, tabors, tirailleurs et spahis, engagés auprès de la France pour la libérer de l’occupation nazie. Leur offensive visait à créer un deuxième front en France après celui de la Normandie où les alliés ont débarqué le 6 juin. Soixante ans plus tard, un hommage est rendu, à travers deux jours de célébrations, aux vaillants soldats qui ont pris part à l’opération «Dragoon». Le président français, Jacques Chirac, a salué tout spécialement les soldats de l’armée d’Afrique du général De Lattre de Tassigny. «Ces admirables combattants venus de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie au secours de la France, des enfants de la Grande Afrique noire et de l’Océan Indien, des fils du Pacifique et de la Caraïbe».
Point d’orgue des commémorations, une cérémonie internationale en rade de Toulon à bord du porte-avions Charles de Gaulle, à laquelle participent Jacques Chirac et quinze chefs d’Etat africains. Selon l’AFP, Sa Majesté le Roi Mohammed VI assiste, aux côtés du président français, à la cérémonie du débarquement allié en Provence. Vingt-neuf bâtiments de guerre français et étrangers, parmi lesquels la frégate Mohammed V, prennent part à la revue navale.
Ce défilé, parti à la mi-journée de Cannes, se rend jusqu’à Toulon où un feu d’artifice promet une clôture en apothéose.
Par ailleurs, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a remis la Légion d’honneur à 32 vétérans dont des Marocains. Elle leur a rendu un hommage appuyé: «Vous les vétérans, vous qui êtes encore parmi nous pour raconter les événements de Provence, nous avons besoin de vous pour faire vivre la mémoire des hommes et des femmes, de vos compagnons, qui ont payé de leur vie notre liberté». Le débarquement de Provence a «marqué la renaissance de l’armée française», a ajouté Mme Alliot-Marie. Les termes de sa reconnaissance à ceux qui ont accepté les «ultimes sacrifices pour notre liberté» étaient enflammés.
Certains de ces vétérans estiment cette reconnaissance tardive et parlent surtout, selon des témoignages recueillis par la presse étrangère, de la maigre pension que leur alloue la France. Mais quelle revanche pour eux de parader à Toulon, fief, ville amirale du Front national ! C’est un juste rappel de l’Histoire.

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