La Koutla, le remake !

La Koutla, le remake !

Chabat et Lachgar passent à la vitesse supérieure. En effet, les deux hommes, respectivement secrétaire général du parti de l’Istiqlal (PI) et premier secrétaire de l’USFP (Union socialiste des forces populaires) se sont rencontrés hier pour débattre d’une plate-forme de travail commune entre leurs deux formations politiques. Dans leur ligne de mire, le gouvernement mais surtout le leader de la majorité, le PJD (Parti de la justice et du développement).

Les deux partis qui se trouvent actuellement dans l’opposition parlementaire veulent ainsi harmoniser leurs actions pour jouer au mieux leurs rôles d’opposants aux politiques gouvernementales.

«Depuis la première rencontre qui a réuni en été le bureau politique de l’USFP et le comité exécutif du PI, une commission où siègent cinq représentants de chaque parti, s’est penchée sur l’élaboration de cette plate-forme commune de travail, adaptée au contexte économique et politique que nous vivons actuellement au Maroc. C’est le travail de cette commission qui a été présenté ce lundi dans une réunion avec la participation des leaders de deux partis ainsi que les membres de ladite commission», explique Abdelmajid Bouzoubaâ, premier secrétaire adjoint de l’USFP.

Le timing choisi par les responsables des deux formations politiques pour dévoiler cette plate-forme de travail est loin d’être anodin puisqu’il coïncide avec le démarrage au Parlement ce mercredi, de l’examen du projet de loi de Finances 2014. Ceci laisse présager une étroite collaboration entre Istiqlaliens et Uspéistes au cours du débat sur le projet de budget de l’année prochaine. «Le projet de loi de Finances 2014 sera l’un des points couverts par la plate-forme de travail. Ceci dit, la collaboration sera beaucoup plus large et couvrira les actions des deux partis à l’échelle centrale mais également sur le plan régional et local.

Nous projetons également de renforcer la coordination entre nos instances, notamment les secteurs de la jeunesse et de la femme», ajoute Bouzoubaâ précisant que des changements pourraient être introduits à la plate-forme commune de travail. Si l’idylle entre les responsables du PI et l’USFP se ravive jour après jour, la question qui se pose actuellement est de savoir si un ou plusieurs autres partis de l’opposition pourront rejoindre cette expérience. En tout cas, le PAM (Parti authenticité et modernité) a déjà affiché sa prédisposition à «s’inscrire dans un front d’opposition parlementaire solide».

Bien que les responsables de l’USFP, du PI ainsi que du PAM aient déjà signalé qu’une décision officielle et définitive n’a été prise sur ce dossier, ils s’arrangent dans leurs réponses à laisser tout de même la porte ouverte devant une éventuelle coopération. Seul bémol, Chabat et Lachgar pourraient avoir des difficultés à convaincre leurs bases à s’ouvrir à d’autres partis.

Pour l’instant, le parti de la rose et celui de la balance devront tout d’abord prouver l’efficacité de leur pacte. Car au moment où la majorité sous sa nouvelle configuration s’apprête à passer son premier véritable test relatif au projet de loi de Finances, l’USFP et le PI devront passer à leur tour un test, celui de constituer une alternative, une force de proposition à l’occasion du débat sur le projet de budget 2014. Il sera également question de défendre leurs amendements pour ce projet même si l’on ne sait pas encore si les deux partis présenteront des amendements communs au Parlement.

Les prochains jours ou semaines risquent d’être déterminants à la fois pour la majorité et l’opposition. Une chose est sûre. Celui qui en sortira vainqueur pourra prendre une option considérable sur son adversaire à l’approche des prochaines échéances électorales.

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